Salubrité et sécurité à Dakar : les citoyens veulent des actes durables, pas un décor de théâtre



Le grand nettoyage de la capitale se poursuit. À l'approche des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ), le spectacle de la voie publique libérée et des opérations de sécurisation coup de poing redonne un brin d'espoir aux Dakarois. Pourtant, entre applaudissements et scepticisme, le doute persiste. À quelques semaines de cet événement mondial, le Sénégal s'apprête à accueillir athlètes et autorités du monde entier ; il y va de l'image de marque de toute une nation, qui doit refléter la Teranga dans un cadre propre, moderne et sécurisé. Mais cette fermeté retrouvée ravive le souvenir d'initiatives mort-nées. L'opinion garde en mémoire les opérations d'envergure menées sous l'ancien ministre de l'Intérieur Bamba Cissé, dont les avancées prometteuses s'étaient rapidement étiolées une fois la pression médiatique retombée. Le spectre de l'éternel recommencement plane. Cette opération ne doit pas être un simple décor de théâtre monté pour une semaine avant le retour inévitable au chaos.
 
Car le constat reste amer. Entre agressions, trafic de drogue, mendicité rampante et anarchie urbaine, l'image de Dakar fait honte à ses propres habitants, qui ont trop souvent eu l'impression de prêcher dans le désert. Cette exigence de suivi prend tout son sens au cœur de nos quartiers populaires, à l'image de la Médina. À la rue 25, les riverains ont vécu un véritable cauchemar. Livrés à l'hégémonie de bandes de ressortissants étrangers versés dans le trafic de stupéfiants et les agressions à main armée en plein jour, les autochtones ont vu leur cadre de vie transformé en zone de non-droit, au point de se sentir dépossédés et étrangers dans leur propre fief. Les récentes descentes de police y apportent un soulagement salutaire, mais libérer les espaces ne suffit plus : il faut sanctuariser ces reconquêtes.
 
Face à des individus venus d'ailleurs qui défient ouvertement les lois du pays hôte, troublent l'ordre public et mettent en péril la jeunesse locale, la réponse doit dépasser le simple coup de balai. La question des reconduites à la frontière doit cesser d'être un tabou. La législation sénégalaise sur le séjour des étrangers et le respect de la souveraineté nationale offre tous les leviers nécessaires. L'État a le devoir d'appliquer des mesures fermes et pérennes : interpeller, juger et expulser systématiquement tout ressortissant étranger reconnu coupable d'actes criminels ou de troubles graves.

Au-delà du succès des JOJ, la tranquillité durable des citoyens et le prestige de la République ne se négocient pas.


Dimanche 9 Aout 2026 22:08


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