Semaine de la Francophonie: le rendez-vous des amoureux des mots

La Semaine de la langue française et de la Francophonie est le rendez vous des amoureux des mots, en France, comme à l'étranger. L'occasion comme chaque année de fêter la langue française et de lui manifester son attachement en célébrant sa richesse et sa diversité. Les musées, les écoles, les librairies ainsi qu'un certain nombre de villes sont partenaires de l'édition 2013 qui est placée sous le signe des mots semés au loin.



Yamina Benguigui, ministre déléguée à la Francophonie, souhaiterait créer en partenariat plusieurs milliers de postes de professeurs de français en Afrique.
Dix mots ont été choisis. Des mots français ordinaires qui ont migré, que nos voisins ont adopté et que l'on retrouve en anglais, mais aussi en allemand, en portugais, en russe, en polonais, en espagnol ou en néerlandais. Ce sont des mots semés et qui font parfois naître des idées ou des passions. Ce sont les mots bouquet, coup de foudre, vis-à-vis, cachet, savoir faire, unique, atelier, équipe, protéger, voilà.

Aujourd'hui le français est parlé par 220 millions de personnes dont 80% sont en Afrique et s'il y a là, naturellement, un enjeu d'influence diplomatique ou économique, il y a aussi un trésor à partager et à défendre pour que le monde des langues demeure pluriel. « Alors évidemment, c'est l'anglais qui est devenu la langue universelle, le rapport de locuteurs entre le français et l'anglais est de 1 à 20. Mais nous, francophones, jouons dans une autre cour, celle d'un modèle culturel différent », explique Xavier North, délégué général à la Langue française et aux langues de France. « C'est une langue de référence et d'influence dans laquelle peuvent se reconnaître des individus et des peuples qui cherchent un modèle alternatif », poursuit-il.

Contrairement aux idées reçues le français gagne du terrain en terme de locuteurs car il y a aussi des effets mécaniques qui lui profitent, comme l'évolution démographique et l'alphabétisation.

L'Afrique, principal bassin de la Francophonie

Yamina Benguigui, souhaiterait créer en partenariat plusieurs milliers de postes de professeurs de français en Afrique. « L'espace francophone, explique-t-elle, est un espace culturel et économique. « Quelqu'un qui habite à Abidjan et qui a envie d'aller travailler à Douala , c'est la langue française qui va lui permettre cette mobilité. La langue française s'est débarrassée du colonialisme et nous sommes maintenant à hauteur d'hommes et la langue française qui nous réunit doit être excellente donc nous devons renforcer son apprentissage ».

Désirs de français, désir de Paris

Michael Edwards, écrivain franco-britannique, nouvellement élu à l'Académie française est bien placé pour parler de ce désir. Il explique avoir découvert, à 11 ans, que les langues étrangères donnaient accès à d'autres mondes et ouvraient celui qu'il connaissait déjà. Et toute sa réflexion et sa poésie est aujourd'hui fondée sur l'idée que derrière le monde que nous voyons il y a autre chose, plus riche, qui nous appelle. Néanmoins le tout nouvel académicien invite les Français à ne pas s'endormir sur leurs lauriers. « Les Français ne doivent pas uniquement défendre la langue française, la langue s'invente continuellement, elle doit s'ouvrir aux langues étrangères », explique l'écrivain. Michael Edwards ajoute que la langue anglaise s'est toujours réinventée de génération en génération et qu'à l'époque elizabétaine, qui est la plus faste pour l'anglais, les écrivains anglais ont emprunté à une cinquantaine de langues et inventé des mots à profusion. « La langue française doit donc vivre par son inventivité », a-t-il conclu.

Source : Rfi.fr

Dépéche

Lundi 18 Mars 2013 14:15


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