La famille : Sanctuaire profané, creuset de tragédies
Jadis rempart de notre cohésion, la famille sénégalaise s'est muée en arène de drames irrécevables. Le mariage, ici inviolable, n'est plus qu'une institution fragile minée par l'adultère, la précarité et une violence conjugale qui prospère dans un mutisme oppressant. Les statistiques officielles 1,8% de divorces en milieu urbain ne révèlent que l'écume d'un océan de ruptures informelles.
L'année 2025 a déferlé une marée de féminicides effroyables : plus de 17 femmes occises dans l'intimité du foyer. Ces horreurs masquées par des abominations comme le martyre de Fatou Gueye, rouée de coups par son époux le 11 mai 2025. Plus récemment, l'édition de Source A du 11 février 2026 relate l'indicible à Kédougou : un père aurait froidement assassiné ses deux enfants de 3 et 10 ans suite à la dislocation de son couple. Ces paroxysmes trahissent une société où la vie humaine s'effrite au profit de l'ego et de la fureur..
Économie de la misère : Le contrat social en cendres
Tandis que les âmes se corrodent, les bourses s'épuisent. L'Enquête Nationale sur l'Emploi (ENES, premier trimestre 2025) dévoile un taux de chômage élargi, très loin de la réalité, à 21,7%, bondissant à 27% chez les 15-34 ans. Près d'un tiers de notre jeunesse gîte inerte, terreau fertile pour les extrémismes. Même le secteur informel, jadis vibrant, s'asphyxie, poussant nombre d'opérateurs économiques à prendre la poudre d'escampette.
Cette misère engendre la haine et accélère les déviances. Au bord de la banqueroute, le Trésor public irradie l'incertitude, précipitant des lignées entières dans l'abîme. C'est dans ce climat incandescent que s'est consummé la vie d’Abdoulaye BA à l'UCAD, foudroyé par une répression étatique. Quand l'université, temple du savoir, devient le glaive de la brutalité, c'est le contrat social qui est réduit en poussière..
Ces anticorps de la haine qui infectent le débat
Le mal est viscéral. Il est nourri par une légion d'influenceurs et de militants fanatiques des « microbes » de l'opinion. Ces agents pathogènes numériques anéantissent le débat par l'injure et la calomnie ritualisées. Ils ont terrassé les consciences, poussant les intellectuels éminents à se retrancher, épouvantés par la fange virtuelle.
Cette décadence s'incarne aussi dans l'assaut contre nos tabous fondateurs. Les affaires récentes impliquant des personnalités publiques comme Pape Cheikh Diallo ou Djibril Dramé jettent une lumière crue sur l'essor de la pédophilie et d'une homosexualité banalisée. La promotion décomplexée de la déviance via les réseaux et une industrie pornographique qui inonde la jeunesse érodent le sacré du corps. Le résultat est là : une génération désorientée où le vice parade en vertu.
Des solutions urgentes à penser et à implémenter
Face à cette apocalypse sociale, l’attentisme gouvernemental est une faute inexpiable. Le Sénégal ne renaîtra ni du « Gatsa Gatsa » populiste, ni de surenchères politiciennes. L'urgence est au réarmement moral massif et inclusif .
Les ministères de la Culture, de la Communication, de la Solidarité Nationale et de l'Intérieur doivent forger une alliance pour la mise en place de façon inclusive une Stratégie Nationale de Renaissance Morale (SNRM). Elle va viser le changement de comportement à moyen et long terme et s'appuyer sur tous les supports et moyens de communication et d'éducation de masse. Le Sénégal est à l'orée du gouffre ou du redressement. Demain, si nous ne réagissons pas, le naufrage ne sera plus une allégorie, mais notre tombeau final.