Sénégal : La CDS dénonce une dégradation continue de la situation économique et sociale du pays



La Conférence des Leaders de la Confédération pour la Démocratie et le Socialisme (CDS) s’est réunie le 18 septembre 2026 pour examiner la situation nationale sur les plans politique, économique et social.

Dans un communiqué publié ce 22 septembre, la CDS dit constater avec « une profonde indignation une dégradation continue de la situation économique et sociale du pays  dans l’indifférence sidérante du régime Pastef dont les deux factions en rivalité pour la présidentielle de 2029 sont plus dans une rude guerre de positionnement politique que préoccupées par le sort de leurs compatriotes ».

Selon la CDS, les difficultés économiques ont entraîné des crises sociales récurrentes, marquées notamment par plusieurs mouvements de grève de travailleurs réclamant le respect d’accords déjà signés.

La Conférence des leaders cite notamment la grève du SAMES et annonce une nouvelle grève générale de 72 heures du Front syndical pour la défense du travail (FSDT), prévue en octobre. Elle reproche au gouvernement de ne pas avoir ouvert de « négociations sérieuses » sur la plateforme revendicative de l’intersyndicale.

Parmi les principales revendications, la CDS évoque le respect des accords contenus dans le Pacte de stabilité sociale ainsi que la révision de certaines dispositions des Codes du travail et de la Sécurité sociale récemment adoptés par l’Assemblée nationale.

Par ailleurs, la CDS exprime « sa pleine solidarité et son soutien total » au SAMES, au FSDT et à l’ensemble des travailleurs engagés dans ces mouvements.

La Confédération s’est également penchée sur la situation du monde rural. Elle estime que les producteurs peinent encore à se relever d’une campagne de commercialisation jugée difficile pour plusieurs filières, notamment l’arachide, le riz et les produits horticoles.

La CDS demande ainsi au gouvernement de mettre à disposition, « dans la transparence et sans délai », les 7 milliards de francs CFA annoncés pour soutenir les paysans et les éleveurs en difficulté.

Elle appelle également les pouvoirs publics à mieux préparer les prochaines campagnes de commercialisation afin, dit-elle, d’éviter une répétition des difficultés rencontrées en 2025.

Des inquiétudes autour de la rentrée scolaire et universitaire

La rentrée scolaire et universitaire 2026-2027 figure également parmi les préoccupations soulevées par la CDS. La Confédération évoque notamment l’arrivée de cohortes importantes d’élèves en classe de 6e à la suite de la suppression du concours, ainsi que l’orientation de 96 631 nouveaux bacheliers.

Elle déplore, dans le même temps, un déficit d’infrastructures, d’équipements et d’enseignants dans les différents cycles d’enseignement.

La CDS critique également le recrutement « spécial » d’enseignants du ministère de l’Éducation nationale (MEN). Elle estime que ce dispositif ne garantirait pas suffisamment, selon elle, « la transparence ni l’égalité de chance » dans l’accès à la Fonction publique et pourrait favoriser le clientélisme et le népotisme.

La préparation des JOJ 2026 au cœur des préoccupations

La Confédération aborde aussi la préparation des Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026. Elle appelle les pouvoirs publics à garantir les conditions matérielles d’accueil, d’hébergement et de déroulement de l’événement dans les différents sites.

À moins d’un mois et demi de l’ouverture des JOJ, la CDS estime que d’importants travaux restent à réaliser, notamment en matière d’aménagement et d’embellissement urbains, afin de présenter une image attractive de Dakar et du Sénégal.

Pour la coalition, l’organisation de cet événement constitue ainsi « un défi majeur » pour les pouvoirs publics.

Sur le terrain de la gouvernance, la CDS réclame également davantage de transparence et de reddition des comptes. Elle demande au gouvernement de faire « toute la lumière » sur plusieurs dossiers financiers qu’elle qualifie de scandales, citant notamment les dossiers de l’ASER, portant sur 37 milliards de francs CFA, et de KOSMOS, à hauteur de 30 milliards de francs CFA.

En conclusion, la CDS appelle l’opposition et les Sénégalais à une mobilisation soutenue et à différentes formes d’action pour, selon ses termes, « mettre enfin le régime Pastef au travail » et limiter les conséquences de sa politique pour le reste de son mandat.

Moussa Ndongo

Mardi 22 Septembre 2026 22:30


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