L'État du Sénégal a conclu un contrat avec la compagnie pétrolière italienne Eni pour évaluer le potentiel en hydrocarbures de cinq blocs existants sur le territoire national. Intervenant sur les enjeux de cette convention, Modibo Diop, ingénieur, homme politique et président du conseil d'administration (PCA) du groupe Source Équip, estime que si Eni demeure une major performante, les autorités auraient dû privilégier un cabinet d'audit indépendant pour cartographier les ressources avant tout engagement majeur.
Pour Modibo Diop, la rapidité d'exécution de la compagnie italienne constitue un atout indéniable dans le paysage énergétique africain. « Eni est une grande compagnie, elle va très vite. On a vu ce qu'elle a fait en Côte d'Ivoire avec les gisements Calao et Baleine, exploités en moins de trois ans, alors qu'il nous a fallu presque dix ans pour développer la Grande Tortue Ahmeyim (GTA) », a-t-il souligné.
Toutefois, l'ingénieur formule des réserves sur la séquence contractuelle adoptée par le ministère de l'Énergie pour ce contrat d'exploration, destiné à quantifier les réserves exactes de pétrole et de gaz contenues dans les cinq blocs ciblés.
Selon le PCA de Source Équip, l'approche optimale aurait consisté à autofinancer l'évaluation préalable des données sismiques via un cabinet de service indépendant. Cette démarche aurait permis à l'État de détenir la pleine propriété de ses données d'évaluation avant de négocier les futurs contrats d'exploitation ou de partage de production.
« Si j'avais été ministre de l'Énergie, j'aurais signé un contrat de service avec un cabinet indépendant payé par l'État pour connaître exactement notre potentiel. Une fois les données en main, je serais allé démarcher Eni ou d'autres producteurs en position de force », explique-t-il, tout en concédant que des contraintes financières ou le contexte politico-économique actuel ont pu dicter le choix du gouvernement.