Sénégal : le Synpics s’inquiète des interpellations dans les locaux du média Fegnal Digital



Le Syndicat des Professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal  (SYNPICS) a exprimé, ce mercredi, sa « vive préoccupation » après les interpellations effectuées le lundi 27 juillet par les forces de l’ordre dans les locaux du média Fegnal Digital. Dans un communiqué publié à Dakar le 29 juillet 2026, le syndicat rappelle son «attachement indéfectible aux principes de l’État de droit, au respect de la dignité de la personne humaine ainsi qu’à la préservation des espaces et des outils de travail des professionnels des médias».  

Sans « préjuger des faits à l’origine de cette opération », le SYNPICS déplore que ce type d’intervention dans des rédactions « n’est pas inédit ». Pour le syndicat, ces pratiques «alimentent un sentiment d’insécurité au sein de la profession et contribuent à installer un climat de pression susceptible d’affecter le libre exercice du métier de journaliste ». Il estime qu’il est possible de procéder à des interpellations « en dehors des lieux de travail », afin de concilier « les impératifs de la justice avec la protection de la liberté de la presse et la continuité du service public de l’information ».

Le Bureau Exécutif National du SYNPICS interpelle aussi le ministre de la Justice, garde des Sceaux pour que les procédures « s’effectuent dans le respect des libertés fondamentales, de la dignité des personnes et de la spécificité du secteur ». Le syndicat juge que « l’action de la justice ne saurait, dans sa mise en œuvre, porter une atteinte disproportionnée au fonctionnement normal des rédactions ni créer un précédent de nature à fragiliser la liberté de la presse ».

Il invite enfin les autorités à privilégier des méthodes « conformes aux exigences de l’État de droit », dans « un esprit d’équilibre entre les nécessités de la justice et le respect des libertés publiques ».

Pour rappel, à l’origine de cette affaire, trois animateurs et militants pro-Pastef (majorité parlementaire) auraient été arrêtés dans les locaux du média Fegnal Digital et placés en garde à vue par la Division spéciale de cybersécurité (DSC). Ces interpellations font suite à la diffusion d'une vidéo jugée offensante envers le chef de l'État.

Dia Koussa

Mercredi 29 Juillet 2026 14:00


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