Sénégal : le député Djimo Souaré appelle à «un congrès pour légitimer les dirigeants de l'APR»

Député de l’Alliance pour la République (APR), Djimo Souaré a appelé ce vendredi 24 juillet à «un congrès pour légitimer les dirigeants» de son parti, dans un contexte où cette la formation politique dirigée par Macky Sall se rapproche progressivement de la Coalition présidentielle de Diomaye Faye, actuel chef d’Etat. PressAfrik vous propose in extenso sa déclaration, publiée sur ses réseaux sociaux.



Aller vers un congrès pour légitimer les dirigeants de l'APR
 
Un capital politique intact
 
Il faut d'abord saluer l'engouement suscité par la visite du Président Macky Sall. Cette mobilisation dit trois choses : la popularité intacte du leader, la reconnaissance que lui gardent les Sénégalais, et la profondeur de l'ancrage social et territorial de notre parti.
 
Elle confirme aussi que, sous son leadership, l'APR conserve un rôle majeur sur l'échiquier politique. L'arrivée de nouveaux militants et d'intellectuels de qualité renforce ce que l'APR a toujours incarné : un parti de masse et un parti de compétences.
 
Mais un capital ne vaut que par l'usage qu'on en fait. Et aujourd'hui, ce capital s'érode faute d'un cadre qui lui donne sens.
 
Un constat lucide, sans complaisance
 
Nous constatons le départ de maires et de responsables de premier plan vers la coalition présidentielle. Nous observons également une évolution de la ligne éditoriale de plusieurs commentateurs et influenceurs, dont certains manifestent désormais de la sympathie pour le Président Diomaye Faye.
 
L'analyse simpliste consisterait à les qualifier d'opportunistes ou de « traîtres ». Elle serait confortable, mais stérile. La vérité est plus exigeante : beaucoup partent parce qu'ils s'interrogent sur l'avenir et sur les perspectives que le parti leur offre. Une question sans réponse finit toujours par devenir un départ.
 
La réponse à cette question a un nom : le congrès.
 
Le nœud du problème : la méthode

 
Depuis quelques semaines, nous suivons la mise en place de secrétariats communaux par nominations et désignations de coordonnateurs. Ce n'est pas la bonne démarche.
 
Elle réveille les vieux soupçons clanisme, copinage, parachutage  et nourrit les tensions entre nouveaux et anciens militants, entre ceux qui sont partis un moment et ceux qui sont restés. Elle explique en grande partie la création, ou la volonté de création, de mouvements parallèles.
 
Le problème n'est pas celui des personnes désignées : c'est celui du mode de désignation. Une responsabilité qui descend d'en haut est toujours contestable ; une responsabilité qui monte de la base est incontestable. Voilà pourquoi la question de la légitimité ne se réglera ni par des arbitrages, ni par des équilibres, mais par un processus.
 
Rappelons-le : l'APR n'est plus au pouvoir. Nous devons tirer les leçons de nos échecs et retrouver l'esprit qui nous a portés  le modèle d'animation du parti de 2009 à 2012, fondé sur le terrain, pas sur les organigrammes.
 
Le chemin du congrès
 
Que le Président Macky Sall soit appelé à la tête des Nations unies ce que nous souhaitons vivement  ou qu'il demeure à la tête de l'APR, le parti ne peut pas faire l'économie d'une réorganisation. Cette réorganisation doit avoir un horizon clair et une date : un congrès.
 
a) Inscrire le congrès à l'ordre du jour. Il doit consacrer la légitimation démocratique des responsables aux niveaux local, départemental, régional et national. Tout le reste en découle.
 
b) Repartir de la base. Lancer sans attendre un processus de création de comités dans chaque village et chaque quartier, sous la supervision d'un commissaire politique. Ces comités sont la matière première du congrès.
 
c) Inverser la logique de désignation. Les responsabilités de coordonnateur de comité ou de structure doivent émaner de ces comités, et non leur être imposées. C'est la condition d'un ancrage local réel.
 
d) Confier le pilotage à un comité des sages. Composé de personnalités sans ambition de responsabilité dans le parti, ce comité aurait pour mission de seconder le Président Macky Sall dans la gestion du parti et d'organiser le congrès. Son désintéressement est la garantie de l'impartialité du processus.
 
En conclusion
 
Cette démarche remplit trois fonctions à la fois : animer le parti à tous les niveaux, choisir démocratiquement des leaders réellement implantés, et compter nos troupes — savoir avec qui nous irons à la reconquête.
 
Un congrès n'est pas une formalité statutaire. C'est l'acte par lequel un parti se redonne des chefs que personne ne conteste. C'est la seule façon de mobiliser, de retenir l'essentiel de nos militants et de nos responsables, et de préserver cette force politique qu'est l'APR — avec, à sa tête, des dirigeants légitimes pour reconquérir les pouvoirs exécutif, législatif et territorial.

Dia Koussa

Vendredi 24 Juillet 2026 12:39


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