Sénégal : le retour du FMI pour élargir les marges de financement de l’État



Le Sénégal entend renouer avec le Fonds monétaire international (FMI) afin de diversifier ses sources de financement et réduire sa dépendance au marché régional. Selon Amadou Tidiane Gaye, directeur général de la Comptabilité publique et du Trésor (DGCPT), la saturation progressive du marché de l’UMOA-Titres a rendu nécessaire la recherche de nouvelles marges de manœuvre financières.

« Nous avons sollicité le seul marché qui nous était encore accessible », a expliqué le responsable, rappelant que le recours au marché régional a permis à l’État de continuer à honorer ses engagements, notamment le service de la dette et les dépenses obligatoires.

Le Trésor a notamment mobilisé 487 milliards de francs CFA sur le marché de l’UMOA au troisième trimestre. Mais cette stratégie atteint progressivement ses limites. Pour Amadou Tidiane Gaye, le retour du FMI doit permettre au Sénégal de mobiliser davantage de ressources à partir de 2027, tout en facilitant l’intervention des bailleurs multilatéraux et bilatéraux.

Le responsable du Trésor affirme par ailleurs que le Sénégal n’a jamais été en défaut sur ses Eurobonds, grâce notamment aux capacités d’anticipation et de mobilisation maintenues depuis 2025. Il estime que cette résilience a permis à l’État de préserver l’essentiel malgré la dégradation des conditions de financement.

La pression reste toutefois forte sur les finances publiques. Selon M. Gaye, en intégrant le remboursement du capital, le service global de la dette représente près de 70 % des recettes budgétaires. Cette situation a contribué à accélérer la recherche d’une stratégie de sortie de crise et à restaurer la confiance des investisseurs.

Le gouvernement table désormais sur une amélioration progressive des conditions de financement et de la notation du Sénégal à l’horizon 2029. Le budget 2027, actuellement en préparation, devrait traduire cette volonté de consolidation budgétaire, avec un accent mis sur la maîtrise des dépenses et une mobilisation plus efficace des recettes.

Sur le plan fiscal, la réforme du Code général des impôts devra, selon le DGCPT, rechercher un équilibre entre l’augmentation des recettes publiques et la préservation de l’activité du secteur privé. L’objectif affiché est notamment de mieux prendre en compte les ménages vulnérables et de ne pas faire de la fiscalité un frein à l’investissement.



Mercredi 2 Septembre 2026 18:05


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