Sénégal: trois poids lourds de l'opposition entrent en lice dans la campagne présidentielle

Au Sénégal, trois candidats ont tenu leur congrès d’investiture ce mercredi 4 janvier 2012 : Ousmane Tanor Dieng pour le Parti socialiste, Moustapha Niasse pour la coalition «Benno Siggil Senegaal» et Idrissa Seck avec sa coalition «Idy4president». En ligne de mire, l'élection présidentielle du 26 février prochain.



Ousmane Tanor Dieng arrive au QG de son parti, le PS, où il va annoncer sa candidature à la présidentielle, le 4 janvier 2012. AFP/Seyllou
Le Parti socialiste a investi son candidat Ousmane Tanor Dieng à la permanence du parti, à Colobane. Dans la salle des congrès, il y avait une foule de militants vêtus de boubous verts, la couleur du Parti socialiste. Sur la tribune, Ousmane Tanor Dieng propose de «fonder une nouvelle République, dit-il, adossée à une nouvelle gouvernance démocratique». Le candidat promet de «mener des politiques de rupture». A 64 ans, Ousmane Tanor Dieng a pour principale force d'avoir tenu la barre d'un parti socialiste en pleine déliquescence après la défaite d'Abdou Diouf en l'an 2000. Il a survécu à sa propre défaite à la présidentielle de 2007, et a su faire taire pour un temps la contestation interne. Son parti reste l'un des plus puissants si ce n'est le plus structuré du pays.

Le meeting d'investiture de Moustapha Niasse, candidat de la coalition «Benno Siggil Senegaal » AFP/ Mamadou Tour dit Behan
Un peu plus tard, à la place de l’Obélisque, la coalition de l’opposition, «Benno Siggil Senegaal», a investi Moustapha Niasse. L’ancien Premier ministre a prêté serment, et s’est engagé, s’il est élu, à ne faire qu’un seul mandat de cinq ans et à organiser un référendum en vue de modifier la Constitution. Là encore le programme de campagne est le même : il s’agit d’appliquer la Charte de bonne gouvernance des Assises nationales. A 72 ans, Moustapha Niasse, joue sans doute sa dernière carte et va tenter de faire mieux que les 5% obtenus en 2007. Il s'appuie pour cela sur la coalition «Benno Siggil Senegaal » et va même tenter de capitaliser les voix du mouvement social renaissant au Sénégal.

Le meeting d'investiture d'Idrissa Seck dans la banlieue de Dakar, le 4 janvier 2012. AFP/ Seyllou
Enfin, dans la soirée, le libéral Idrissa Seck a été investi par sa coalition dans un stade de Guediawaye, en banlieue de Dakar. Idrissa Seck s’est présenté comme le «candidat de tous les Sénégalais qui aspirent au vrai changement». Le candidat libéral a promis de «forger le Sénégal autour des valeurs d’éthique et de morale». Ancien fils spirituel d'Abdoulaye Wade devenu opposant farouche, Idrissa Seck est doté d'une capacité à rebondir hors du commun et reste capable de galvaniser les foules. Il va tenter dans un premier temps de faire aussi bien qu'en 2007 où il avait terminé second de la présidentielle.

Un ennemi commun mais une même défiance réciproque


Ces trois ténors qui ont annonçaient mercredi, au même moment, leur candidature partagent un point commun : une méfiance réciproque. Tanor n'en finit pas de reprocher à Niasse d'avoir fait perdre le PS en 2000. Et Niasse accuse toujours en privé Idrissa Seck d'avoir oeuvré à son éviction de la primature en 2001.
Source: RFI


Charles Thialice SENGHOR

Jeudi 5 Janvier 2012 09:50


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