Soudan: le général al-Burhan projette de rester au pouvoir durant cinq ans après la guerre



Un document officiel du bureau du général Abdel Fattah al-Burhan, chef du Conseil de souveraineté soudanais, a été divulgué dans la presse. Le document révèle l'existence d'un projet politique sur lequel al-Burhan travaille pour que les militaires restent au pouvoir durant une phase de transition de cinq ans. Au bout de cette période, des élections générales seront organisées.

C'est une vision politique et stratégique pour le Soudan que le général al-Burhan est en train de préparer, selon le document qui date de mi-juin et qui propose la formation d’un gouvernement de transition composé de technocrates pour une période de cinq ans, et qui organisera un dialogue national afin d'organiser des élections.
                                 
Ce dialogue soudano-soudanais sera cependant limité aux forces nationales « dont les mains n’ont pas été tachées du sang du peuple ». Un point déjà annoncé à plusieurs reprises par le général al-Burhan et son équipe. Le document rejette toute possibilité de retenir les résolutions d'un dialogue qui serait tenu à l'étranger. Il laisse entendre que le pouvoir soudanais s’oppose à toute solution venant de l'extérieur.
 
L'armée n'a d’ailleurs toujours pas donné sa réponse à l'initiative de l'envoyé spécial du président américain pour l'Afrique Masaad Boulos proposée en juin. Face aux pressions américaines, l'armée a réitéré sa demande du retrait des FSR des villes avant toute discussion d'une solution. Un point essentiel dans l'accord de Djedda signé par les deux belligérants.
 
Un pari sur le soutien de Riyad

Dans son projet, al-Burhan parie sur le soutien de l'Arabie saoudite mais aussi sur celui de la Turquie qu'il a visitée récemment.
 
Selon plusieurs experts, le document reflète plutôt un projet politique visant à redéfinir la forme du pouvoir d’après-guerre, et la redistribution des centres de prise de décision au sein de l’État. Les observateurs craignent que le fait de poursuivre unilatéralement ces arrangements pourrait compliquer les chances de parvenir à un règlement politique global, prolonger la guerre et retarder l’atteinte d’un consensus national qui rétablirait la stabilité au Soudan.
 
Pour rappel, l'armée soudanaise avait mené un putsch en octobre 2021 contre le gouvernement de transition conduit par les civils.

RFI

Dimanche 12 Juillet 2026 13:47


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