Les violences inouïes dans le Nil Bleu sont « avant tout politiques », elles ne sont pas dues « à une haine séculaire entre tribus », explique le journaliste soudanais Mat Nashed, mais sont plutôt « le résultat d'une logique qui a négligé, pillé et militarisé les périphéries du pays depuis l'indépendance ».
La chercheuse Kholood Kair approuve et précise : pour elle, le premier responsable du pourrissement de la situation est bien « le régime militaro-islamiste » de Khartoum. Fidèle héritier d'Omar el-Béchir, celui-ci s'appuie, selon elle, sur la tribalisation des États éloignés pour favoriser ses propres intérêts.
Ses intérêts financiers, d'abord, en s'assurant, par des alliances locales, la mainmise sur les terres et leurs ressources. Ensuite, ses intérêts politiques, en armant certaines factions contre d'autres, et ce sur la base d'une « rhétorique raciale clivante ».
Ainsi dans le Nil Bleu, où comme dans le Darfour, l'accès aux terres et à l'eau est de plus en plus conflictuel, les Haoussas s'estiment injustement traités. Ils entendent donc s'organiser en « émirat » et être représentés dans les institutions du Nil Bleu, ce que refusent les autres communautés. C'est donc ainsi qu'un incident local a rapidement dégénéré le 10 juillet en embrasement général.
Le dernier bilan des autorités du Nil Bleu fait état de 105 morts et 291 blessés en une dizaine de jours. Jamal Nasser, le ministre de la Santé a assuré que le calme était revenu avec le déploiement de forces de sécurité dans la zone du conflit.
La communauté Haoussa a demandé une enquête sur l'origine des violences. Selon Umar Hamza Abdolaye, un citoyen qui a pris part aux manifestations organisées par des mouvements sociaux haoussa, il « faut réglementer la répartition des terres pour ramener la paix », a-t-il estimé à Mahamane Salissou Hamissou du service Haoussa de RFI :
La chercheuse Kholood Kair approuve et précise : pour elle, le premier responsable du pourrissement de la situation est bien « le régime militaro-islamiste » de Khartoum. Fidèle héritier d'Omar el-Béchir, celui-ci s'appuie, selon elle, sur la tribalisation des États éloignés pour favoriser ses propres intérêts.
Ses intérêts financiers, d'abord, en s'assurant, par des alliances locales, la mainmise sur les terres et leurs ressources. Ensuite, ses intérêts politiques, en armant certaines factions contre d'autres, et ce sur la base d'une « rhétorique raciale clivante ».
Ainsi dans le Nil Bleu, où comme dans le Darfour, l'accès aux terres et à l'eau est de plus en plus conflictuel, les Haoussas s'estiment injustement traités. Ils entendent donc s'organiser en « émirat » et être représentés dans les institutions du Nil Bleu, ce que refusent les autres communautés. C'est donc ainsi qu'un incident local a rapidement dégénéré le 10 juillet en embrasement général.
Le dernier bilan des autorités du Nil Bleu fait état de 105 morts et 291 blessés en une dizaine de jours. Jamal Nasser, le ministre de la Santé a assuré que le calme était revenu avec le déploiement de forces de sécurité dans la zone du conflit.
La communauté Haoussa a demandé une enquête sur l'origine des violences. Selon Umar Hamza Abdolaye, un citoyen qui a pris part aux manifestations organisées par des mouvements sociaux haoussa, il « faut réglementer la répartition des terres pour ramener la paix », a-t-il estimé à Mahamane Salissou Hamissou du service Haoussa de RFI :