Soudan: plus d'une soixantaine de morts dans une attaque contre un hôpital au Darfour



Au Soudan, une attaque contre un hôpital situé dans une zone contrôlée par les paramilitaires, dans l'est du Darfour, a fait au moins 64 morts dont 13 enfants, selon le directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui a appelé à stopper le conflit meurtrier dans le pays. L’attaque, survenue vendredi 20 mars, a visé l’hôpital universitaire d’El-Daein, le principal établissement de santé de la capitale du Darfour-Est.

D’après l’ONG Emergency Lawyers, citée par l’AFP, « deux drones appartenant à l’armée soudanaise ont bombardé » cet hôpital universitaire, qui traitait des milliers de patients dans la région. Sur le réseau social X, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, affirme que parmi les 64 morts figurent 13 enfants, deux infirmières, un médecin et plusieurs patients.

L’attaque a également touché des stocks médicaux. Les dégâts sont tels que l’hôpital est désormais hors service, privant la population d’un accès à des soins vitaux. Caroline Bouvard, directrice générale adjointe de Solidarités International dénonce la multiplication d'attaques contre les civils. « C'est déjà arrivé par le passé qu'il y ait des attaques sur des hôpitaux avec plusieurs dizaines de morts. Donc oui, on peut dire qu'aujourd'hui c'est effectivement un nombre de personnes qui ont été tuées qui est important. Mais même si ça n'était qu'une personne, les structures de santé ne devraient pas faire l'objet d'attaques de cette manière. Les structures de santé ne sont pas des cibles militaires. Sur donc El Dain en tant que tel et de manière générale sur le Darfour de l'Est, l'accès aux soins va être extrêmement restreint. Les capacités chirurgicales, par exemple, elles sont littéralement inexistantes maintenant sur le Darfour de l'Est. »

En conséquence, moins de suivi pour les enfants et les femmes enceintes, et un risque accru de propagation de maladies comme le choléra, alors que la saison des pluies approche.

Les Forces de soutien rapide (FSR), dans un communiqué publié hier, accusent l’armée d’Abdel Fattah al-Burhan. Elles affirment que des drones turcs de type Akinji auraient visé notamment les services pédiatriques et gynécologiques de l'hôpital.

L’armée soudanaise, elle, assure pour sa part « respecter le droit international » et affirme que ce type d’acte est « une activité quotidienne » des paramilitaires. Dans ce contexte, les appels à la retenue se multiplient. « Assez de sang a été versé », s’indigne le patron de l’OMS, qui appelle à protéger les civils, les soignants et les humanitaires.

RFI

Lundi 23 Mars 2026 11:51


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