Soudan: un an après la chute d’El-Fasher, une «ville fantôme» à la population brisée

Le 26 octobre 2025, après plusieurs mois de siège, les Forces de soutien rapide (FSR) s’emparaient d’El-Fasher, dans l’ouest d’un Soudan en proie à une violente guerre depuis avril 2023 entre les FSR et l’armée. Le 19 février 2026, une mission internationale indépendante d’établissement des faits mandatée par l’ONU concluait à des « signes distinctifs d’un génocide » sur place. Si, 12 mois plus tard, il est encore impossible de dresser un bilan humain, acteurs humanitaires, observateurs et rescapés s’accordent à décrire la capitale de l’État du Darfour-Nord comme une « ville fantôme ».



« Brigade Nationale des Sapeurs-Pompiers sur le plan des infrastructures, sur le plan des équipements, sur le plan des ressources humaines, comme nous entendons le faire de façon générale de l'ensemble des forces de défense et de sécurité. »
« En marge de la COP31 en Turquie, le mouvement La Marche des Femmes pour la Justice Climatique a abattu le baobab pour alerter sur les dangers du changement climatique et ses impacts sur le continent africain. Les femmes exigent la réduction de la production des énergies fossiles et des finances sous forme de don. Je vous propose de suivre les explications de Rady Camara, présidente association Vacances Vertes, initiatrice de la Marche pour la Justice Climatique, au micro de Bara Sow. »
« Les phénomènes de catastrophes extrêmes ont déplacé des milliers, des dizaines de milliers de personnes de leurs foyers et décimé plus d'un million d'hectares de terres cultivées. Pour l'Afrique de l'Ouest, le sixième rapport d'évaluation met en évidence une vulnérabilité critique. La région subit déjà des transformations climatiques majeures qui menacent directement l'économie, la sécurité alimentaire, liée à une hausse des températures. C'est pourquoi nous exigeons une COP31 où la priorité sera donnée à l'électrification mondiale, by, by, afin d'accélérer la décarbonation. Nous exigeons également le financement climatique et la transition juste. Les pays en développement exigent des financements prévisibles, accessibles et principalement sous forme de dons plutôt que des prêts pour ne pas aggraver la dette des pays africains. Nous voulons le déblocage effectif des capitaux pour réparer les dégâts irréversibles déjà... »
« La lutte contre l'afrophobie au Sénégal était au cœur d'une rencontre d'échanges multi-acteurs organisée hier samedi 24 octobre à Dakar par le Cadre Migratoires, une rencontre qui réunit plusieurs acteurs autour des enjeux, des réalités et des moyens de prévenir les discours de haine visant les africains. Le sociologue Céliva condamne fermement ces discours tandis que le juriste et militant des droits humains Sgane Singor, président de scène Kadou, appelle à des solutions pour mettre fin à ce phénomène. Ils sont au micro de Aïssatou Alioune et de Moussa Dia. »
« Condamne vraiment ces discours xénophobes fermement parce que et ça, ça doit même pousser un peu à réfléchir sur le contenu même de notre taranga qui ne doit pas être quelque chose, un slogan qui est qui doit être en construction à consolider. Donc la taranga aujourd'hui, on doit questionner ce taranga là qui doit pas seulement ce qu'on le sait comme bouclier mais on doit vraiment déconstruire et le reconstruire et le consolider, le renforcer. Donc cette absence d'ignorance, le fait que la question de la tolérance, l'histoire du Sénégal, l'histoire des peuples africains n'est pas au cœur de nos curricula. »
« Alors, nous avons initié cette rencontre de ce matin pour aborder un fléau qui grandit un peu dans notre société. C'est les discours xénophobes, c'est les discours que nous nous qualifions d'afrophobie parce que en réalité, c'est une discrimination qui ne touche pas les occidentaux ou autres communautés, mais des communautés africaines bien ciblées. Nous n'avons pas la solution mais nous sommes quand même convaincus qu'il faut faire quelque chose. »
 
 « Après une année 2024 marquée par un déficit, le secteur de la microfinance au Sénégal renoue avec les bénéfices en 2025 affichant un résultat net de 15 milliards de francs CFA. Une évolution positive mais qui ne masque pas les défis auxquels le secteur reste confronté, notamment la mobilisation des ressources réunies en assemblée générale annuelle, les acteurs de la microfinance se penchent également sur les perspectives de l'APIM et les enjeux liés à la réforme du cadre légal du secteur. Compte-rendu Elizabeth Gracia. »
« En 2025, le secteur de la microfinance au Sénégal affiche une évolution globalement positive de ses principaux indicateurs. Mamadou Cissé est le président de l'association professionnelle des institutions de microfinance du Sénégal, APIM. »
« On a connu l'année 2024 qui était difficile où le secteur avait enregistré un déficit. En 2025, les choses ont été bien rectifiées puisque le secteur a enregistré un résultat record de 15 milliards de rentabilité, ce qui place même par rapport à cet indicateur le Sénégal en tête de la zone UEMOA. Autre indicateur à saluer, c'est la croissance de des encours de crédit et la croissance des encours de dépôt. Ce sont deux indicateurs les plus importants pour le secteur, ce qui montre l'attractivité du secteur, la confiance des utilisateurs mais également la consolidation et la résilience de notre secteur. »
« Malgré cette évolution positive, le secteur de la microfinance reste confronté à plusieurs défis, notamment celui de la mobilisation des ressources. »
« Le secteur a enregistré un recul sur le plan de la trésorerie. Qu'est-ce que cela veut dire ? Ça veut dire que face à une demande de plus en plus importante des populations sénégalaises, le secteur a des difficultés pour mobiliser les ressources nécessaires pour les financer. On a aussi d'autres défis, la transformation que nous oblige cette nouvelle réglementation où les institutions sont sur le parcours mais ne sont pas encore totalement prêtes. Donc, le délai arrive, on doit être conforme à mai 2027, c'est un ange majeur et nous sommes confiant que les institutions seront au rendez-vous. »
« À l'issue de cette assemblée générale annuelle, plusieurs défis attendent l'APIP, l'Association Professionnelle des Institutions de Microfinance au Sénégal. »
« L'association, son objectif, c'est vraiment de supporter les institutions de microfinance mais même au-delà parce que ce qui est important pour l'association, c'est pas seulement les institutions membres mais c'est les utilisateurs des services financiers. Donc, notre association va poursuivre cet effort à renforcer la communication parce qu'il faut dire que c'est un point sur lequel nous devons davantage insister pour mieux vulgariser les initiatives du secteur de la microfinance. »
« Au cours de cette assemblée générale annuelle, les acteurs du secteur vont se pencher sur une réforme importante, notamment la loi numéro 2025-4 du 19 février 2025. »
« Elizabeth Gracia, le directeur général de la Sona Coscher Ahmed Tidiane Guèye a indiqué que la région de Diourbel devrait contribuer à hauteur de 40 000 à 50 000 tonnes à l'objectif national de collecte de 250 000 tonnes de graines d'arachide fixées par la Société Nationale de Commercialisation des Oléagineux du Sénégal, Sona Cos. Selon lui, cette région occupe une place centrale dans la transformation de l'huile au Sénégal. Écoutons Cher Ahmed Tidiane Guèye avec Aminata Touré. »
« Le bassin a récidivé. Donc, il équipe une part importante dans cette campagne, dans cette collecte de graines d'arachide. Effectivement, nous avons émis le souhait de collecter 250 000 tonnes de graines donc pour booster la transformation locale. Nous comptons également faire une diversification des produits et aussi une innovation technologique, c'est-à-dire travailler au-delà de l'huile sur d'autres produits donc qui seraient de la matière première indispensable à l'industrie locale et industrie nationale. Donc, Diourbel a vraiment une part importante et quand on dit Sonacos, Diourbel résonne en fonction de des récoltes. Donc, nous aurions un objectif d'à peu près 40 45 000 jusqu'à 50 000 tonnes donc pour participer en fait à cette campagne de 250 000 tonnes. »
« Parlons maintenant de santé Octobre Rose à Kolda, forte mobilisation autour de la masculinité positive. Le ministre Mamadou Lamine Dianté annonce l'acquisition prochaine d'un mammographie et appelle les centrales syndicales à privilégier le dialogue. Écoutons Mamadou Lamine Dianté au micro de Seydou Diata. »
« Le gouvernement du Sénégal a fait de la lutte contre le cancer une priorité dans sa politique de santé et c'est important que nous tous nous nous engageons pour lutter contre le cancer du col de l'utérus. Mais il y a également aussi un autre cancer qui est en train de faire des ravages, c'est le cancer du sein. Euh et j'ai été tout surpris quand je suis arrivé, j'ai entendu dans l'embassage dire qu'il n'y a pas d'appareil de mammographie à Kolda. Je crois que certains ont dit d'ici la fin du mois de novembre. Donc, je m'engage au nom du gouvernement avec le ministre de la Santé pour que dans les meilleurs délais, avant même fin novembre, que l'hôpital régional de Kolda puisse disposer de l'appareil de mammographie au bénéfice des populations. »
« La clinique Khalifa Ababacar Sy apporte sa contribution à la prévention au programme une journée de dépistage du cancer du col de l'utérus, du cancer du sein mais également des infections sexuellement transmissibles. Après Dakar, la campagne se poursuit à Yên le 31 octobre prochain. Écoutons à ce propos Zahra Tunkara, sage-femme échographiste et docteur et docteur Mame Nassa. »
« Sénégal accueille les Jeux olympiques de la jeunesse à partir du 31 octobre pour quelques jours jusqu'au 13 normalement. Et les choses ne peuvent se faire au Sénégal dans cette condition que dans la propreté et dans ce qu'on appelle chez nous la Taranga. Raison pour laquelle nous avons... »
« ...le mois d'octobre, notre structure a tenu à apporter sa touche également. Vous savez que l'octobre ce mois est dédié à la sensibilisation mais surtout au dépistage des différents cancers... »
« ...ce ce le vendredi 30, on va faire d'une consultation gratuite, on va faire le dépistage de cancer du sein et du cancer du col de l'utérus. On va refaire aussi ce qu'on appelle les examens sur pour l'infertilité et aussi les infections sexuellement transmissibles. Il y aura aussi des boîtes de sensibilisation et aussi la vaccination des enfants de 9 à 14 ans et en plus de ça, combien et loin on a prévu aussi d'amener de faire des échographies mammaires parce que au fait pour le cancer du sein, pour les jeunes, on a plus parfois besoin de l'échographie mammaire que de la mammographie. Donc on va amener des des échographies mobiles avec des radiologues pour faire l'échographie mammaire et aussi il y aura un camion qui sera avec nous pour faire la mammographie aussi. Donc on fera la mammographie, l'échographie au niveau de Yên inchallah. »
« La délégation générale à la promotion des pôles urbains et de Diamniadio et du Lac Rose a organisé une journée de nettoiement à Diamniadio dans le cadre des préparatifs des Jeux Olympiques de la Jeunesse 2026. Les délégués généraux se réjouissent du beau cadre du pôle urbain et estiment que Diamniadio est prête pour accueillir la jeunesse du monde. Maître Moussa Diop, délégué général des GPU au micro de Babacar Seck. »
« Le Sénégal accueille les Jeux olympiques de la jeunesse à partir du 31 octobre pour quelques jours jusqu'au 13 normalement. Et les choses ne peuvent se faire au Sénégal dans cette condition que dans la propreté et dans ce qu'on appelle chez nous la Taranga. Raison pour laquelle nous avons les DGPU ont organisé cette journée d'investissement en invitant tous les partenaires. Vous savez, les DGPU, c'est cette structure qui s'occupe du foncier et tout ce qui est investissement dans la zone de Diamniadio mais également dans la zone le pôle urbain de de la cause. Je remercie au passage le chef de l'État de m'avoir confié cette tâche et inchallah le défi sera relevé avec l'équipe qui est avec moi que je remercie au passage parce que j'ai trouvé des gens très dégourdis qui font un travail extraordinaire. Nous allons aussi améliorer et avancer. Les travaux sont très avancés, vous avez pu le constater et nous ne souhaitons plus que Diamniadio soit vraiment une cité en chantier. Il faut que ça avance et que ça résolve un peu la surpopulation à Dakar. Mais ça se fait également dans les normes internationales, c'est-à-dire dans l'évolution, dans les trucs futuristes en une ville durable mais qui peut accueillir également le monde entier. »
« L'actualité internationale sur iRadio. »
« L'actualité internationale démarre avec en Éthiopie des affrontements dans les régions de Somalie et Oromia font plusieurs morts dans le sud de l'Éthiopie. Au moins 5 morts ont été dénombrés par l'ONG athlète dans des affrontements qui opposent depuis plusieurs jours des forces armées issues des régions Somalie et Oromia en cause des différends territoriaux dont les conséquences débordent sur le Kenya. Vendredi 23 octobre, la Croix-Rouge kenyane affirmait auprès de la chaîne NTV que plus de 10 000 Éthiopiens avaient fui le conflit pour se réfugier au Kenya. Le commissaire du Comté de Marsabit estimait samedi auprès de RF que c'était 36 000 à être arrivés dans la ville de Moyale en Gambie. »
« L'actualité internationale, la page des sports nous met fait à ce journal, journal présenté par Cheikh Tidiancy la mise en onde a été assurée par Birane Cissé à 8h retrouvez Pape Boubacar Diouf pour la grande édition d'Olof. »
« Avec le cabinet Équilibre Coaching et son émission Café des Équilibrés, prenez enfin le temps de vous écouter, de vous comprendre et d'avancer. Vous traversez une période de doute, de stress, de blocage ou de surcharge mentale. Équilibre Coaching vous accompagne pour retrouver confiance, dépassez vos freins et avancez sereinement dans votre vie personnelle et professionnelle. Le cabinet vous accueille à Mermoz derrière le siège de la Sonatel. Retrouvez également Café des Équilibrés sur iRadio les lundis, mercredis et vendredis à partir de 8h40 avec rediffusion après le journal de 18h. Pour réserver votre séance de coaching, contactez le cabinet au 78 422 01 01. Café des Équilibrés, la pause utile pour l'esprit, le cœur et la vie quotidienne. »
 « Le jury du dimanche explore les voies lucides pour éclairer nos voies. L'une des plus audibles est l'invité de ce dimanche 25 octobre en l'occurrence, le professeur Chérif Salif Sy économiste de renommée et fin observateur de la marche du monde. Auteur prolifique, ses analyses et ses travaux font autorité dans les espaces des listes de réflexion, de conception et de formulation. Avec Mamadou Ndiaye, le professeur Sy va décortiquer les dynamiques économiques en cours au triple plan national, continental et mondial. Les influences, les interférences et les appétences structurent l'économie globale sous des rapports de forces en pleine réorganisation. Va-t-on vers des traumatismes collectifs ? Quelle forme prend la confrontation entre puissances économiques et militaires ? Rôle et responsabilités des élites ? L'industrialisation est-elle la voie royale d'émergence ? Réponse très attendue du célèbre économiste le professeur Chérif Salif Sy au JDD 11h sur iRadio, 12h sur ITV. Immédiat, c'est l'info certifiée. »
 
Le 26 octobre 2025, après 500 jours de siège, El-Fasher, capitale du Darfour-Nord, tombait aux mains des Forces de soutien rapide (FSR) du général Hemedti, un groupe armé en guerre contre l’armée soudanaise depuis avril 2023. À l’époque, ces paramilitaires promettaient de « vider El-Fasher des Falangiyat », terme péjoratif faisant référence à des « serviteurs », et appelaient explicitement à l’élimination des communautés non arabes, en particulier les Zaghawa et les Fur.
 
Selon l’Organisation internationale des migrations (OIM), près de 100 000 personnes ont réussi à s’enfuir durant l’offensive. À cela s’ajoutent des milliers de civils disparus, morts alors qu’ils tentaient de fuir, ou emprisonnés par les FSR. Aujourd'hui, que reste-t-il d’El-Fasher dont la population était estimée à 300 000 habitants avant l’attaque ?
 
L’impossible bilan humain
Dans les mois qui ont suivi la prise d’El-Fasher, la ville a été totalement coupée du monde, les FSR en interdisant l’accès et bloquant toute information. Chercheurs et observateurs des droits humains ont accusé les paramilitaires d’avoir « nettoyé » la ville.
 
Près de 6 000 personnes ont été tuées lors de l’attaque, estime le bureau des droits de l’homme de l’ONU ; elles sont mortes dans les bombardements ou volontairement abattues. Mais pour des chercheurs de l’université de Yale – qui s’appuient sur l’analyse d’images satellites – le bilan serait beaucoup plus élevé, avec plusieurs dizaines de milliers de personnes tuées.
 
En janvier dernier, une première mission d’évaluation humanitaire, composée de plusieurs ONG, a enfin pu accéder à la ville. Une visite encadrée par les nouvelles autorités liées aux paramilitaires. Cette mission rapporte une « ville totalement détruite, vide, une ville fantôme ».
 
 « Aujourd’hui le niveau de destruction est encore très important », témoigne Renaud Douci, coordinateur terrain pour Solidarité internationale, ONG qui a fait partie de cette première mission d’évaluation et qui est revenue travailler à El-Fasher. « On estime la population à 40 000 à 60 000 personnes. Des gens qui sont revenus s’installer ou qui reviennent de façon pendulaire, explique-t-il. Ils viennent pour chercher de l’aide, voir leur quartier, leur maison. Ils ont entendu qu’une ONG était là, que le bureau d’aide humanitaire du gouvernement lié aux paramilitaires organise des distributions de nourriture ». Mais d’ajouter : « Sauf que, pour l’instant, à cause du traumatisme et de la violence de ces 500 jours, les gens ne se sentent pas du tout de revenir. »
 
Les habitants qui reviennent déchantent vite : leur maison a été pillée ou détruite et la sécurité n’est pas assurée. Et il y a beaucoup trop de militaires dans la ville, souligne Renaud Douci : « Et quand le marché où vous aviez l’habitude d’aller pour vous nourrir n’est plus qu’une portion congrue avec quelques stands et des aliments hors de prix, ce ne sont pas des conditions dans lesquelles on peut revenir avec sa famille. »
 
Un constat partagé par différentes ONG. « Seule une fraction de la population est revenue, les gens ont trop peur », abonde Laura Mills, chercheuse à Amnesty International. « Les humanitaires nous disent qu’il y a des îlots de maisons encore debout. Et entre chaque îlot, il y a des rues désertes. La ville est encore abandonnée », ajoutant : « C’est compréhensible, les habitants d’El-Fasher ont été traumatisés parce qu’ils ont vécu. Pourquoi reviendraient-ils alors que les paramilitaires sont encore là et n’ont jamais eu à répondre de leurs actes ? Pourquoi revenir alors que vous risquez à tout moment d’être arrêtés et torturés ? »
 
Une capture d'écran d'une vidéo diffusée sur le compte Telegram des Forces de soutien rapide (FSR) soudanaises le 26 octobre 2025 montrant des combattants des FSR célébrant leur victoire dans les rues d'El-Fasher, au Darfour soudanais.
Une capture d'écran d'une vidéo diffusée sur le compte Telegram des Forces de soutien rapide (FSR) soudanaises le 26 octobre 2025 montrant des combattants des FSR célébrant leur victoire dans les rues d'El-Fasher, au Darfour soudanais. AFP - -
« Ils font venir des gens de l’extérieur et leur donnent nos maisons »
Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), près de 60 000 personnes sont par ailleurs inscrites à El-Fasher afin de recevoir une aide alimentaire.
 
« Il ne s’agit pas d’habitants d’El-Fasher, mais de gens qu’on a fait venir pour repeupler la ville », s’insurge Salwa, qui souhaite garder l’anonymat. Elle est née à El-Fasher et a fui quelques jours avant que la ville ne tombe. « Ma propre maison a été détruite, affirme-t-elle. Ils ont tout cassé et jeté toutes nos affaires dans la rue. La maison de mon père est encore intacte, mais ils y ont installé des gens qu’on ne connait pas. Ils font venir des gens de l’extérieur et leur donnent nos maisons. Ils leur donnent même des documents, pour montrer qu’ils sont les propriétaires. Ces gens ne partiront jamais. En plus, ils les filment pour faire de la propagande et prétendent que les habitants d’El-Fasher sont rentrés. »
 
Tout comme de nombreux habitants qui ont fui El-Fasher, Salwa est persuadée que les nouvelles autorités liées aux paramilitaires cherchent à repeupler la ville, afin de remplacer ces habitants d’origine – principalement des Zaghawa et des Fur – par des membres de tribus arabes nomades, dont sont issus ces combattants paramilitaires.
 
Le gouvernement mis en place par les FSR (Tasis), installé à Nyala au Darfour du Sud, a en tout cas appelé la population à rentrer à El-Fasher et mis en place un programme de rapatriement.
 
Lors de la prise d’El-Fasher, des centaines de milliers de personnes ont également été faites prisonnières par les paramilitaires : des militaires et leur famille, mais également des civils, professeurs, médecins, journalistes, acteurs de la société civile, soupçonnés de soutenir l’armée soudanaise.
 
C’est le cas d'Ibrahim – un nom d’emprunt –, journaliste à la radio-télévision d’El-Fasher. Il a été enlevé par les paramilitaires, quelques semaines avant la chute de la ville, explique sa femme, qui a souhaité garder l’anonymat. « Un matin, il est parti chercher de la nourriture, car à cette époque, il n’y avait plus rien à manger. Il est parti le matin et n’est pas revenu ni le soir, ni le lendemain », affirme-t-elle.
 
Sa femme le croyait blessé ou mort, jusqu’à ce qu’elle apprenne qu’il avait été capturé par les FSR et envoyé à Dagris, un important centre de détention à Nyala, surnommé la cité de l’horreur. « Les conditions de détention étaient terribles, explique-t-elle. Les détenus étaient entassés dans de petites cellules. Parfois, les détenus pouvaient passer des semaines entières sans voir le soleil. De temps en temps, ils les faisaient sortir dehors, pour qu’ils puissent mettre leurs affaires au soleil, faire sécher leurs vêtements et se débarrasser des insectes, des puces. Et puis, leur toilette se trouvait à même les cellules. La situation sanitaire y est répugnante ».
 
Malade, très amaigri, ayant perdu la vue d’un œil, Ibrahim a finalement été relâché 9 mois plus tard, contre le paiement de 2 000 dollars. De nombreux témoignages font état de demandes de rançons.
 
Différentes organisations des droits humains estiment à environ 18 000 le nombre de détenus dans la prison de Dagris.
 
Zamzam est une journaliste originaire de la région d’El-Fasher, qui vit aujourd’hui en exil. Pour l’intimider et qu’elle arrête d’écrire sur les horreurs de la guerre, les FSR ont arrêté et envoyé une partie de sa famille à la prison de Dagris. « Les FSR m’ont contactée pour me dire d’arrêter d’écrire, ils m’ont même proposé de l’argent. Mais j’ai refusé, alors ils ont pris ma famille », raconte-t-elle.
 
Parmi eux, son cousin, médecin à l’hôpital d’El-Fasher, qui n’a pas fui l’offensive et a été arrêté et transféré à Nyala. Zamzam n’a aucune nouvelle, elle sait juste qu’il « travaille » dans la construction. « Ils utilisent les prisonniers comme main-d'œuvre dans la construction, pour laver le linge, faire le ménage dans les familles des combattants FSR », assure-t-elle.
 
Surpopulation, manque de soins, de nourriture, d’eau : les conditions d'incarcération à Dagris sont inhumaines, raconte le docteur Mohamed Faisal, membre du Réseau des médecins soudanais. « Les détenus n’ont aucun droit, aucun contact avec leur famille. Les cellules sont surpeuplées. Il y a beaucoup de maladies, comme le choléra, la dengue, et nous voyons une forte hausse de la mortalité. Il y a quelques mois, il y avait quatre décès chaque semaine. Et quand les prisonniers meurent, leurs familles ne sont même pas prévenues. »
 
Soixante-dix médecins de ce réseau sont actuellement détenus par les FSR dans la prison de Dagris, ainsi qu’une dizaine de journalistes, dont Muammar Ibrahim, correspondant de la chaîne Al-Jazeera, qui a continué à travailler tout au long du siège d’El-Fasher.
 
Aujourd’hui, la région du Darfour est quasiment entièrement sous le contrôle des paramilitaires. Les combats se sont déplacés vers la région du Kordofan, de même que l’attention de la communauté internationale.

RFI

Lundi 26 Octobre 2026 09:42


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