Subventions à l'énergie : le Gouvernement annonce la fin progressive du soutien généralisé pour un ciblage « plus juste »



Le gouvernement du Sénégal entend engager une profonde réforme du système de subventions à l’énergie. L’objectif affiché est de rendre ce mécanisme plus équitable, tout en réduisant son poids sur les finances publiques.

Lors d’un point de presse tenu ce mardi 1er septembre 2026, le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a annoncé une réforme majeure du système de soutien à l’énergie.

Selon le ministre, le dispositif actuel profite de manière disproportionnée aux catégories les plus aisées. « Notre système de subvention généralisé profite actuellement de manière disproportionnée aux plus gros consommateurs, 65 % de la subvention étant allouée aux 20 % des consommateurs les plus aisés », a-t-il déclaré.

Une situation que le gouvernement juge à la fois inéquitable et difficilement soutenable pour les finances publiques.

« 65 % de la subvention est allouée aux 20 % des consommateurs les plus aisés. Cette situation est non seulement socialement inéquitable, mais difficilement soutenable pour nos finances publiques », a insisté Cheikh Diba.

Le ministre souligne également que le système actuel expose le budget de l’État aux fluctuations des cours internationaux du pétrole.

« Elle expose notre budget aux fluctuations parfois brutales des cours internationaux du pétrole, ce qui entraîne une hausse du coût des subventions que l'État ne peut pas assumer durablement », a-t-il expliqué.

Vers la fin progressive des subventions généralisées

Face à ce constat, le gouvernement envisage de revoir progressivement son mécanisme de soutien.
« Il est donc impératif de passer progressivement d'une logique de soutien généralisé à un dispositif mieux ciblé, plus juste socialement et plus efficace économiquement », a affirmé le ministre.

Cheikh Diba assure toutefois que cette réforme ne signifie pas un abandon de la protection des populations. « L'objectif n'est pas d'abandonner la protection des populations, mais bien de la renforcer en orientant prioritairement l'intervention de l'État vers les ménages les plus vulnérables, le transport collectif et les activités essentielles à la vie économique et sociale », a-t-il précisé.

Dans le même temps, les consommateurs disposant d’une plus grande capacité financière seront appelés à supporter progressivement une part plus importante du coût réel de l’énergie.

« Ceux qui ont la capacité de supporter davantage le prix réel devront progressivement, et dans des conditions maîtrisées, contribuer à leur juste part », a soutenu Cheikh Diba.

Un objectif de réduction du coût de l’énergie

Cependant, le gouvernement ambitionne également de faire baisser significativement le coût de l’énergie.

« Notre objectif est de parvenir à terme à une réduction du coût de l'énergie pouvant atteindre près de 30 %. Pour y parvenir, nous devons non seulement accélérer la transformation du secteur, mais aussi optimiser l'utilisation des ressources publiques qui lui sont allouées », a déclaré le ministre.

Les économies réalisées grâce à la réforme des subventions devraient, selon lui, être réorientées vers des secteurs prioritaires.

« Les économies réalisées grâce à l'amélioration de ces mécanismes de soutien seront réorientées vers les investissements productifs, la protection sociale, l'éducation, la santé et les autres priorités économiques et sociales du pays », a-t-il indiqué.

Pour Cheikh Diba, cette nouvelle approche doit s’inscrire dans une logique plus large d’efficacité dans l’utilisation des ressources publiques.

« Chaque franc public doit être utilisé là où il produit le plus d'impact pour les Sénégalais et les Sénégalaises. Cette exigence dépasse le seul secteur de l'énergie. Elle doit guider l'ensemble de notre politique budgétaire », a conclu le ministre.

Moussa Ndongo

Mardi 1 Septembre 2026 18:30


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