L'agence S&P Global Ratings a sonné l'alarme sur les finances du Sénégal en abaissant sa note de crédit en monnaie locale à « CCC+ ». Cette décision traduit une vulnérabilité critique, l'agence soulignant que le pays fait face à des « besoins de financement bruts estimés à environ 26 % du PIB en 2026 ». Privé d'un accès fluide aux capitaux extérieurs suite à un audit de sa dette, l'État s'enferme dans une dépendance risquée envers le marché régional de l'UMOA, où les emprunts, plus coûteux, présentent des « tenors plus courts » qui accentuent le risque de défaut de paiement à court terme.
Sur le plan budgétaire, la trajectoire s'annonce périlleuse malgré les ambitions de rigueur du gouvernement. S&P estime que la dette publique réelle, en incluant les entreprises étatiques et les arriérés, avoisine désormais « 131 % du PIB », un niveau rarement résorbé sans restructuration. L'exécution du budget 2026 est d'autant plus incertaine que la charge de la dette devient étouffante : les coûts d'intérêt représentent désormais « environ 25 % des revenus du gouvernement », limitant drastiquement les marges de manœuvre face aux chocs importés liés au conflit au Moyen-Orient.
Malgré ce tableau sombre assorti d'une « perspective négative », quelques piliers soutiennent encore l'économie nationale. L'entrée en production des champs pétroliers et gaziers de « Sangomar et Greater Tortue Ahmeyim (GTA) » permet au Sénégal de devenir un exportateur net d'hydrocarbures, offrant un ballon d'oxygène au compte courant. Toutefois, l'agence prévient que seule la « signature d'un nouveau programme avec le FMI » pourra rassurer les investisseurs internationaux et desserrer l'étau financier qui menace la stabilité du pays.