Elle se dresse comme un monument à la gloire d’un passé industriel révolu. La gare de Tambacounda, majestueuse carcasse de béton et de fer, semble figée dans le temps. Autrefois poumon économique du Sénégal oriental, elle n’est aujourd’hui qu’un témoin silencieux d’un âge d’or que les moins de vingt ans n’ont pas connu. Ici, les rails ne vibrent plus, les sifflets se sont tus, et la poussière a remplacé l'agitation des voyageurs.
Pourtant, derrière ces murs décrépis, l'âme du chemin de fer survit grâce aux récits de ceux qui l'ont servi.
Le cri du cœur des anciens
Pour Niokhor Dione, l’histoire du rail est celle d’une vie. Entré au service de la compagnie en 1979 comme agent d’entretien, il a vu le déclin s’installer jusqu’à son départ en 2015. « En 2015, après ma retraite, cela n'a même pas fait trois mois et tout s'est arrêté. C'est comme s'ils attendaient notre départ pour tout couper », confie-t-il, avec une amertume teintée de tristesse.
L’ancien cheminot se souvient d’une époque où la gare était une ruche bourdonnante. Ce n’était pas seulement une affaire de trains, c’était tout un écosystème : les vendeuses de sel et d'eau qui arpentaient les quais, les gargotiers servant des plats fumants aux voyageurs en transit, le commerce des fruits, notamment les célèbres bananes de la région. « Tout le monde se frottait les mains. L'économie circulait, la vie était là », soupire-t-il.
Un hub régional, le rêve d'un «Port Sec»
L’espoir, pourtant, n’a pas totalement quitté Tamba. Les autorités ont récemment entrepris des travaux de rénovation de l'infrastructure. L'ambition est de taille, transformer la gare routière et ferroviaire en un véritable port sec.
L’objectif stratégique serait de capter le flux des gros porteurs en provenance de la Guinée et du Mali. Au lieu de congestionner le port de Dakar, ces marchandises s’arrêteraient à Tambacounda, faisant de la ville une plaque tournante logistique pour toute la sous-région.
Entre promesses politiques et réalité sociale
Lors de sa récente tournée économique, le président de la République a ravivé la flamme en affirmant que le train allait reprendre du service. Une déclaration accueillie avec prudence mais ferveur par les populations locales.
Pour M. Dione, le retour du rail est la solution miracle contre le fléau du chômage : « Si les activités reprennent, ce sera une fierté et un avantage immense. Cela va créer des milliers d’emplois, le petit commerce va reprendre de plus belle et l'économie locale va enfin respirer ».
En attendant le premier coup de sifflet qui signalera la fin de cette longue léthargie, Tambacounda observe ses rails rouillés, espérant que le "rail fantôme" redevienne enfin le moteur du développement qu'il a toujours été.
Pourtant, derrière ces murs décrépis, l'âme du chemin de fer survit grâce aux récits de ceux qui l'ont servi.
Le cri du cœur des anciens
Pour Niokhor Dione, l’histoire du rail est celle d’une vie. Entré au service de la compagnie en 1979 comme agent d’entretien, il a vu le déclin s’installer jusqu’à son départ en 2015. « En 2015, après ma retraite, cela n'a même pas fait trois mois et tout s'est arrêté. C'est comme s'ils attendaient notre départ pour tout couper », confie-t-il, avec une amertume teintée de tristesse.
L’ancien cheminot se souvient d’une époque où la gare était une ruche bourdonnante. Ce n’était pas seulement une affaire de trains, c’était tout un écosystème : les vendeuses de sel et d'eau qui arpentaient les quais, les gargotiers servant des plats fumants aux voyageurs en transit, le commerce des fruits, notamment les célèbres bananes de la région. « Tout le monde se frottait les mains. L'économie circulait, la vie était là », soupire-t-il.
Un hub régional, le rêve d'un «Port Sec»
L’espoir, pourtant, n’a pas totalement quitté Tamba. Les autorités ont récemment entrepris des travaux de rénovation de l'infrastructure. L'ambition est de taille, transformer la gare routière et ferroviaire en un véritable port sec.
L’objectif stratégique serait de capter le flux des gros porteurs en provenance de la Guinée et du Mali. Au lieu de congestionner le port de Dakar, ces marchandises s’arrêteraient à Tambacounda, faisant de la ville une plaque tournante logistique pour toute la sous-région.
Entre promesses politiques et réalité sociale
Lors de sa récente tournée économique, le président de la République a ravivé la flamme en affirmant que le train allait reprendre du service. Une déclaration accueillie avec prudence mais ferveur par les populations locales.
Pour M. Dione, le retour du rail est la solution miracle contre le fléau du chômage : « Si les activités reprennent, ce sera une fierté et un avantage immense. Cela va créer des milliers d’emplois, le petit commerce va reprendre de plus belle et l'économie locale va enfin respirer ».
En attendant le premier coup de sifflet qui signalera la fin de cette longue léthargie, Tambacounda observe ses rails rouillés, espérant que le "rail fantôme" redevienne enfin le moteur du développement qu'il a toujours été.