Au Tchad, le Secrétaire général des Transformateurs réclame « une amnistie » pour son président, l’opposant et l’ex-Premier ministre Succès Masra, condamné en août 2025 à 20 ans de prison pour diffusion de message à caractère haineux et xénophobe et complicité de meurtre. Le Docteur Tog-Yeum Nagorngar en appelle au chef de l’État : « La main tendue ne doit pas se limiter seulement aux mots, il faut bien que cela se traduise par des actes. »
Déception au Tchad du côté des partisans de l’ancien Premier ministre et opposant Succès Masra qui purge actuellement une peine de 20 ans de prison pour diffusion de message à caractère haineux et xénophobe et complicité de meurtre. Nombre d’entre eux espéraient l’annonce d’une mesure de clémence à l’occasion des vœux présidentiels du 31 décembre.
Le Secrétaire général de son parti, Les Transformateurs, le Docteur Tog-Yeum Nagorngar, exprime ses regrets et réitère son appel au chef de l'État.
Le chef de l'État « peut en son âme et conscience décider d'une amnistie »
« La grâce présidentielle ne pouvant être prononcée que lorsque le processus est fini, lorsque la condamnation est définitive – ce qui n'est pas le cas dans le dossier juridique du président Masra – il n'y avait pas cette logique de pouvoir s'attendre à une grâce présidentielle. Ce qui était par contre possible, c'était une amnistie ou une autorisation de sortie pour raison de santé, parce que la demande a été introduite dans ce sens aussi », rappelle-t-il au micro de Carol Valade.
« Depuis ce matin [du 1er janvier 2026, NDLR], le président de la République a l'habilitation de l'Assemblée nationale pour pouvoir prendre des ordonnances, et il peut en son âme et conscience décider d'une amnistie, s'il le veut. Comme il le dit, la main tendue ne doit pas se limiter seulement aux mots. Il faut bien que cela se traduise par des actes, si on recherche réellement le progrès de ce pays et l'unité de ses enfants. Donc, c'est bien beau de le dire, mais le faire c'est encore mieux », conclut le Docteur Tog-Yeum Nagorngar.
Succès Masra avait été condamné le 9 août 2025 à vingt ans de prison ferme et un milliard de francs CFA (1,52 million d'euros) de dommages et intérêts pour « diffusion de message à caractère haineux et xénophobe et complicité de meurtre » dans l’affaire de Mandakao, sur base d'un message vocal datant de 2023. Un massacre qui avait coûté la vie à une quarantaine de personnes dans un village du sud du pays, deux jours avant l'arrestation de l'opposant.
Succès Masra est une figure de l’opposition tchadienne : il avait quitté le pays au lendemain de la répression sanglante des manifestations du 20 octobre 2022. Un mandat d’arrêt international avait été émis à son encontre. Son retour le 3 novembre 2023 avait ensuite été permis par la signature d'un accord avec le gouvernement, à l’issue d’une médiation à Kinshasa le 31 octobre 2023.
Le 1er janvier 2024, il avait été nommé Premier ministre, après la promulgation d’une nouvelle Constitution.
Lors de la présidentielle 2024, il était officiellement arrivé en deuxième position du scrutin avec 18,54 % des voix, loin derrière les 61,03 % du chef de l’État sortant, Mahamat Idriss Déby, fils de l’ex-président Idriss Déby Itno (1990-2021).
Déception au Tchad du côté des partisans de l’ancien Premier ministre et opposant Succès Masra qui purge actuellement une peine de 20 ans de prison pour diffusion de message à caractère haineux et xénophobe et complicité de meurtre. Nombre d’entre eux espéraient l’annonce d’une mesure de clémence à l’occasion des vœux présidentiels du 31 décembre.
Le Secrétaire général de son parti, Les Transformateurs, le Docteur Tog-Yeum Nagorngar, exprime ses regrets et réitère son appel au chef de l'État.
Le chef de l'État « peut en son âme et conscience décider d'une amnistie »
« La grâce présidentielle ne pouvant être prononcée que lorsque le processus est fini, lorsque la condamnation est définitive – ce qui n'est pas le cas dans le dossier juridique du président Masra – il n'y avait pas cette logique de pouvoir s'attendre à une grâce présidentielle. Ce qui était par contre possible, c'était une amnistie ou une autorisation de sortie pour raison de santé, parce que la demande a été introduite dans ce sens aussi », rappelle-t-il au micro de Carol Valade.
« Depuis ce matin [du 1er janvier 2026, NDLR], le président de la République a l'habilitation de l'Assemblée nationale pour pouvoir prendre des ordonnances, et il peut en son âme et conscience décider d'une amnistie, s'il le veut. Comme il le dit, la main tendue ne doit pas se limiter seulement aux mots. Il faut bien que cela se traduise par des actes, si on recherche réellement le progrès de ce pays et l'unité de ses enfants. Donc, c'est bien beau de le dire, mais le faire c'est encore mieux », conclut le Docteur Tog-Yeum Nagorngar.
Succès Masra avait été condamné le 9 août 2025 à vingt ans de prison ferme et un milliard de francs CFA (1,52 million d'euros) de dommages et intérêts pour « diffusion de message à caractère haineux et xénophobe et complicité de meurtre » dans l’affaire de Mandakao, sur base d'un message vocal datant de 2023. Un massacre qui avait coûté la vie à une quarantaine de personnes dans un village du sud du pays, deux jours avant l'arrestation de l'opposant.
Succès Masra est une figure de l’opposition tchadienne : il avait quitté le pays au lendemain de la répression sanglante des manifestations du 20 octobre 2022. Un mandat d’arrêt international avait été émis à son encontre. Son retour le 3 novembre 2023 avait ensuite été permis par la signature d'un accord avec le gouvernement, à l’issue d’une médiation à Kinshasa le 31 octobre 2023.
Le 1er janvier 2024, il avait été nommé Premier ministre, après la promulgation d’une nouvelle Constitution.
Lors de la présidentielle 2024, il était officiellement arrivé en deuxième position du scrutin avec 18,54 % des voix, loin derrière les 61,03 % du chef de l’État sortant, Mahamat Idriss Déby, fils de l’ex-président Idriss Déby Itno (1990-2021).