Le Sénégal est un pays sous tensions. Entre les procès intentés au principal opposant Ousmane Sonko depuis mars 2021 et le débat sur la probable troisième candidature de Macky Sall, plusieurs personnes sont mortes, des centaines blessées et plusieurs autres centaines en prison. Ces 29, 30 mars et le 03 avril, la coalition Yewwi Askan Wi a programmé des marches pacifiques sur toute l'étendue du territoire. Le préfet de Dakar, Mor Talla Tine, a sorti un arrêté portant interdiction de celle qui doit se dérouler du Rond-point de l'Université Cheikh Anta Diop au Rond-point du La Poste de Médina.
L'autorité préfectorale avance comme motif pour interdire la marche de l'opposition: "menaces réelles de troubles à l'ordre public, entrave à la libre circulation des personnes et des biens.
Dans une déclaration largement suivie sur internet, le leader de l'opposition Ousmane Sonko a indiqué qu'avec ou sans autorisation, leur coalition va "exercer le droit que la Constitution du Sénégal confère à tout citoyen". Ce qui risque encore de créer des tensions entre leurs militants et les forces de l'ordre.
Mais il y a une sérieuse problématique, qui risque de saper la mobilisation de Yewwi Askan Wi. La communauté musulmane qui constitue plus de 90% de la population est en plein mois de Ramadan. Pendant ce temps, la communauté chrétienne entame la dernière ligne droite de son Carême. Les militants et sympathisants appelés à sortir à partir de ce 29 mars pour une série de manifestations prévues sur l'étendue du territoire soumettront leur engagement et leur "patriotisme" à la force et la volonté qu'ils auront pour combattre contre les forces de l'ordre, le ventre vide.
L'autorité préfectorale avance comme motif pour interdire la marche de l'opposition: "menaces réelles de troubles à l'ordre public, entrave à la libre circulation des personnes et des biens.
Dans une déclaration largement suivie sur internet, le leader de l'opposition Ousmane Sonko a indiqué qu'avec ou sans autorisation, leur coalition va "exercer le droit que la Constitution du Sénégal confère à tout citoyen". Ce qui risque encore de créer des tensions entre leurs militants et les forces de l'ordre.
Mais il y a une sérieuse problématique, qui risque de saper la mobilisation de Yewwi Askan Wi. La communauté musulmane qui constitue plus de 90% de la population est en plein mois de Ramadan. Pendant ce temps, la communauté chrétienne entame la dernière ligne droite de son Carême. Les militants et sympathisants appelés à sortir à partir de ce 29 mars pour une série de manifestations prévues sur l'étendue du territoire soumettront leur engagement et leur "patriotisme" à la force et la volonté qu'ils auront pour combattre contre les forces de l'ordre, le ventre vide.
"Il ne s'agit pas d'aller au combat, mais d'exercer un droit constitutionnel"
Interrogé par PressAfrik, dans l'après-midi de mardi, ces jeunes trouvés dans le jardin public de Grand Dakar ne veulent pas entendre parler d'affrontements. Ils dénoncent plutôt une violation des textes constitutionnels par les autorités. "Qui a dit que nous allons affronter qui que ce soit. Non ! Les leaders de Yewwi Askan Wi n'ont pas fait de déclaration pour aller à l'affrontement, mais pour marcher pacifiquement. Le problème, c'est le Préfet qui interdit illégalement leurs manifestations sur ordre de Macky Sall. Maintenant, dans ce pays, quand les autorités violent la loi, personne ne dit rien, mais quand un leader de l'opposition décide de passer outre un ordre illégal, on le traite de violent de d'appel à l'insurrection. C'est ça la vérité que vous les médias ne dites pas", indique Assane Diagne, documents en mains, en train de réviser pour son prochain examen à l'Université Cheikh Anta Diop.
Sur leur volonté de marcher en cette période de Ramadan, Assane indique être plus déterminé que d'habitude. "Le mois de Ramadan n'a jamais empêché un musulman de s'acquitter de ses obligations professionnelles ou autres. Pourquoi il devrait nous empêcher de lutter pour nos droits. Si vous êtes musulman, vous devez savoir que la mère des batailles en Islam, c'est la Bataille de Badr (An 624 à la suite de l'Hégire entre la tribut Quraysh et le Prophète Mohamed et ses compagnons, entre les villes de la Mecque et de Médine. La bataille est remportée par les Musulmans, ndlr). Et ça s'est déroulé en plein mois de Ramadan. Quand on joue sa survie, peu importe les circonstances, on doit rester debout et se battre pour nos droits", ajoute-t-il.
Son camarade étudiant, Moussa Sène, est quasiment du même avis en ce qui concerne la lutte pour les droits. Mais il pense les leaders de la coalition Yewwi Askan Wi devraient surseoir à leurs marches prévues les 29 mars et 03 avril. Pour apaiser un peu les tensions. "Moi, je pense sérieusement qu'on doit attendre le 30 mars pour voir comment le tribunal va réagir au procès en diffamation de Ousmane Sonko. S'il est condamné dans ce dossier qui ne tient sur rien, alors là, il faudrait se battre pour que le droit soit rétabli. Mais pour e 29 mars et le 03 avril, on devrait laisser passer et permettre à nos frères de l'Armée de célébrer notre indépendance", suggère-t-il.
"Le contexte actuel nous est favorable"
Pour savoir comment du côté des responsables de l’opposition, on prépare la riposte face aux refus systématiques du préfet de Dakar d’autoriser leurs manifestations déclarées, PressAfrik est entré en contact avec Pape Fara Ndiaye, le Coordonnateur de Pastef Grand-Yoff. Selon lui, le contexte leur est favorable en cette période de ramadan.
« C’est un acquis démocratique de manifester et défendre son opinion comme stipulé dans la Constitution sur les droits et libertés fondamentaux de l’individu. On ne peut pas se soustraire aux lois pour réprimander ou confisquer la volonté populaire. Le pays se dirige vers une des moments historiques de son histoire et nous sommes conscients que tous les citoyens vont rejoindre le combat pour sauvegarde la démocratie. N’oubliez pas que la bataille de Badr a eu lieu en plein ramadan qui a conduit à une victoire éclatante de l’armée de Mohamed (PSL) », dit-il.
Avant d’ajouter: « Nous croyons fortement que nous allons réussir le pari de la mobilisation et que le peuple est soucieux des enjeux qui se trament. Certes, le pays est sources de conflits instaurés par un régime aux abois, mais le contexte actuel nous est favorable surtout en cette période de ramadan. Nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout ».
"Inhaler du gaz lacrymogène rompt le jeûne"
PressAfrik a interrogé un maître coranique pour anticiper sur les probables affrontements entre forces de l'ordre et manifestants. Selon Oustaz Abdou Karim Wade, "les fumées d'encens ou tout autre produit comme le gaz peut rompre le jeûne du musulman, s'il est inhalé". Il ajoute que l'Islam préconise d'éviter toute sorte de fumée.
Pour ce qui est des manifestations pouvant mener à des affrontements, le maître coranique rappelle que le Prophète Mohamed (PSL) a recommandé d'éviter de provoquer des tensions dans un endroit quelconque de la terre. Il ajoute que c'est de la même façon que le Prophète (PSL) a recommandé de combattre l'injustice sous toutes ses formes avec les moyens dont dispose.
Sur leur volonté de marcher en cette période de Ramadan, Assane indique être plus déterminé que d'habitude. "Le mois de Ramadan n'a jamais empêché un musulman de s'acquitter de ses obligations professionnelles ou autres. Pourquoi il devrait nous empêcher de lutter pour nos droits. Si vous êtes musulman, vous devez savoir que la mère des batailles en Islam, c'est la Bataille de Badr (An 624 à la suite de l'Hégire entre la tribut Quraysh et le Prophète Mohamed et ses compagnons, entre les villes de la Mecque et de Médine. La bataille est remportée par les Musulmans, ndlr). Et ça s'est déroulé en plein mois de Ramadan. Quand on joue sa survie, peu importe les circonstances, on doit rester debout et se battre pour nos droits", ajoute-t-il.
Son camarade étudiant, Moussa Sène, est quasiment du même avis en ce qui concerne la lutte pour les droits. Mais il pense les leaders de la coalition Yewwi Askan Wi devraient surseoir à leurs marches prévues les 29 mars et 03 avril. Pour apaiser un peu les tensions. "Moi, je pense sérieusement qu'on doit attendre le 30 mars pour voir comment le tribunal va réagir au procès en diffamation de Ousmane Sonko. S'il est condamné dans ce dossier qui ne tient sur rien, alors là, il faudrait se battre pour que le droit soit rétabli. Mais pour e 29 mars et le 03 avril, on devrait laisser passer et permettre à nos frères de l'Armée de célébrer notre indépendance", suggère-t-il.
"Le contexte actuel nous est favorable"
Pour savoir comment du côté des responsables de l’opposition, on prépare la riposte face aux refus systématiques du préfet de Dakar d’autoriser leurs manifestations déclarées, PressAfrik est entré en contact avec Pape Fara Ndiaye, le Coordonnateur de Pastef Grand-Yoff. Selon lui, le contexte leur est favorable en cette période de ramadan.
« C’est un acquis démocratique de manifester et défendre son opinion comme stipulé dans la Constitution sur les droits et libertés fondamentaux de l’individu. On ne peut pas se soustraire aux lois pour réprimander ou confisquer la volonté populaire. Le pays se dirige vers une des moments historiques de son histoire et nous sommes conscients que tous les citoyens vont rejoindre le combat pour sauvegarde la démocratie. N’oubliez pas que la bataille de Badr a eu lieu en plein ramadan qui a conduit à une victoire éclatante de l’armée de Mohamed (PSL) », dit-il.
Avant d’ajouter: « Nous croyons fortement que nous allons réussir le pari de la mobilisation et que le peuple est soucieux des enjeux qui se trament. Certes, le pays est sources de conflits instaurés par un régime aux abois, mais le contexte actuel nous est favorable surtout en cette période de ramadan. Nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout ».
"Inhaler du gaz lacrymogène rompt le jeûne"
PressAfrik a interrogé un maître coranique pour anticiper sur les probables affrontements entre forces de l'ordre et manifestants. Selon Oustaz Abdou Karim Wade, "les fumées d'encens ou tout autre produit comme le gaz peut rompre le jeûne du musulman, s'il est inhalé". Il ajoute que l'Islam préconise d'éviter toute sorte de fumée.
Pour ce qui est des manifestations pouvant mener à des affrontements, le maître coranique rappelle que le Prophète Mohamed (PSL) a recommandé d'éviter de provoquer des tensions dans un endroit quelconque de la terre. Il ajoute que c'est de la même façon que le Prophète (PSL) a recommandé de combattre l'injustice sous toutes ses formes avec les moyens dont dispose.