L’incompréhension est totale chez ces citoyens vulnérables qui s'estiment prioritaires pour l'accès aux filets sociaux. Selon Yassine Ba, porte-parole du jour, une part importante du quota réservé aux handicapés aurait disparu des nouvelles listes de bénéficiaires. Elle soutient que personne n'est mieux placé pour obtenir cet appui que les personnes souffrant d'une infirmité totale et réclame une évaluation diagnostique urgente de leur situation.
Au-delà des bourses, le collectif pointe du doigt l'échec de la couverture maladie. Alors que le discours officiel fait état de l'enrôlement de 15 000 personnes handicapées dans les mutuelles de santé, les membres de l'association affirment ne pas en voir la couleur sur le terrain. Ils dénoncent des arriérés de paiement de l'État qui bloqueraient le fonctionnement des mutuelles depuis plus de deux ans, empêchant ainsi toute nouvelle prise en charge médicale pour leurs membres.
Le mouvement dénonce également le non-respect de la Loi d'orientation sociale, notamment en ce qui concerne l'insertion professionnelle et l'accompagnement des plus fragiles. Yassine Ba rappelle que le quota de 15 % réservé aux personnes handicapées dans la fonction publique reste ignoré. Elle juge par ailleurs incohérent d'interdire la mendicité sans offrir de véritables perspectives d'emploi ou de soutien financier aux accompagnants des personnes à mobilité réduite.
Face à cette précarité croissante, les handicapés de Thiès exigent une révision immédiate des politiques d'inclusion. Ils estiment que sur les 10 % de quota qui leur étaient initialement alloués, plus de la moitié des bénéficiaires ne reçoivent plus aucune allocation aujourd'hui, plongeant des familles entières dans le désarroi.