Plus de 15 jours après l'extradition précipitée du lieutenant-colonel Damiba du Togo vers le Burkina Faso, aucune nouvelle de l'ex-dirigeant burkinabè n'a été donnée. Les voix de protestations sont nombreuses à critiquer les conditions de ce renvoi vers son pays d'origine. L'ANC, principal parti d'opposition togolais, a dénoncé le 2 février une extradition qui bafoue les « principes juridiques et moraux les plus élémentaires ». D'autres juristes émettent des doutes sur cette procédure d'extradition vers Ouagadougou.
Consternation et réprobation suite à la remise aux autorités ouagalaises de Paul-Henri Sandaogo Damiba, qui a dirigé le Burkina Faso en 2022 suite à un coup d’État. L'Alliance nationale pour le changement (ANC), principal parti d’opposition au Togo, tient « les autorités de l'État togolais responsables des conséquences humaines, politiques et juridiques de cette extradition », concernant celui que la junte au pouvoir à Ouagadougou accuse d'avoir fomenté plusieurs coups d'État contre elle.
«C’est une violation flagrante du droit international, du droit d’asile, et même des valeurs humanistes que le Togo prétend défendre, accuse Jean-Pierre Fabre, président de l'ANC, au micro de Frédéric Garat. C’est une trahison des obligations internationales du Togo, exécutée au mépris de la vie et de la sécurité d’un réfugié politique. »
«Il avait le droit de saisir la Cour suprême »
Si cette dénonciation est de bonne guerre de la part d'un des principaux partis d’oppositions togolais, elle est rejointe sur le strict plan juridique par l'ensemble des défenseurs de droits humains, à l’instar de Pape Ibrahima Kane, co-fondateur de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho). « Un réfugié ne peut jamais être renvoyé dans le pays qu’il a quitté par craintes pour sa vie, martèle-t-il. La deuxième chose qui a été bafouée, c’est le droit à un procès équitable. Monsieur Damiba est arrêté le 16 janvier, jugé le 17 janvier et remis aux autorités burkinabè le même jour. Le citoyen Damiba avait le droit de saisir la Cour suprême pour savoir si son extradition était légale ou pas. »
Si les conditions d'extradition de Paul-Henri Sandaogo Damiba laissent perplexes la plupart des juristes concernant sa légalité, la famille de l’intéressé, elle, reste sans aucune nouvelle de l'ex-président de la transition burkinabè.
Le gouvernement togolais avait confirmé le 20 janvier 2026 avoir extradé le 17 janvier vers le Burkina Faso l’ex-lieutenant-colonel. Paul-Henri Sandaogo Damiba avait pris le pouvoir en janvier 2022 lors d'un putsch contre le président élu de l'époque, Roch Marc Christian Kaboré, avant d'être à son tour renversé neuf mois plus tard par le capitaine Ibrahim Traoré. Ce dernier est toujours au pouvoir.
Le lieutenant-colonel Damiba avait, lui, trouvé refuge depuis octobre 2022 à Lomé. Alors qu'il se trouvait en exil au Togo, il était régulièrement accusé de vouloir déstabiliser la junte qui lui a succédé.
Consternation et réprobation suite à la remise aux autorités ouagalaises de Paul-Henri Sandaogo Damiba, qui a dirigé le Burkina Faso en 2022 suite à un coup d’État. L'Alliance nationale pour le changement (ANC), principal parti d’opposition au Togo, tient « les autorités de l'État togolais responsables des conséquences humaines, politiques et juridiques de cette extradition », concernant celui que la junte au pouvoir à Ouagadougou accuse d'avoir fomenté plusieurs coups d'État contre elle.
«C’est une violation flagrante du droit international, du droit d’asile, et même des valeurs humanistes que le Togo prétend défendre, accuse Jean-Pierre Fabre, président de l'ANC, au micro de Frédéric Garat. C’est une trahison des obligations internationales du Togo, exécutée au mépris de la vie et de la sécurité d’un réfugié politique. »
«Il avait le droit de saisir la Cour suprême »
Si cette dénonciation est de bonne guerre de la part d'un des principaux partis d’oppositions togolais, elle est rejointe sur le strict plan juridique par l'ensemble des défenseurs de droits humains, à l’instar de Pape Ibrahima Kane, co-fondateur de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho). « Un réfugié ne peut jamais être renvoyé dans le pays qu’il a quitté par craintes pour sa vie, martèle-t-il. La deuxième chose qui a été bafouée, c’est le droit à un procès équitable. Monsieur Damiba est arrêté le 16 janvier, jugé le 17 janvier et remis aux autorités burkinabè le même jour. Le citoyen Damiba avait le droit de saisir la Cour suprême pour savoir si son extradition était légale ou pas. »
Si les conditions d'extradition de Paul-Henri Sandaogo Damiba laissent perplexes la plupart des juristes concernant sa légalité, la famille de l’intéressé, elle, reste sans aucune nouvelle de l'ex-président de la transition burkinabè.
Le gouvernement togolais avait confirmé le 20 janvier 2026 avoir extradé le 17 janvier vers le Burkina Faso l’ex-lieutenant-colonel. Paul-Henri Sandaogo Damiba avait pris le pouvoir en janvier 2022 lors d'un putsch contre le président élu de l'époque, Roch Marc Christian Kaboré, avant d'être à son tour renversé neuf mois plus tard par le capitaine Ibrahim Traoré. Ce dernier est toujours au pouvoir.
Le lieutenant-colonel Damiba avait, lui, trouvé refuge depuis octobre 2022 à Lomé. Alors qu'il se trouvait en exil au Togo, il était régulièrement accusé de vouloir déstabiliser la junte qui lui a succédé.