Togo: la défense plaide la relaxe au procès en appel sur la mort en 2020 du colonel Bitala Madjoulba



Au Togo, le délibéré dans le procès en appel sur la mort en mai 2020 du colonel Bitala Madjoulba – haut-gradé retrouvé tué d'une balle dans le cou quelques heures après la cérémonie d'investiture de Faure Gnassingbé – est attendu vendredi 27 février 2026. La veille, la défense a plaidé la relaxe, dénonçant un dossier « vide ». Mercredi, le procureur avait requis des peines allant jusqu'à 50 ans de prison pour assassinat. En première instance, en 2023, des peines allant de 5 à 20 ans contre cinq personnes avaient été prononcées ainsi que deux acquittements.

Au Togo, les avocats de la défense ont prononcé leurs plaidoiries ce jeudi, dans le procès en appel sur la mort du colonel Bitala Madjoulba. Mercredi, le procureur général avait requis des peines allant jusqu'à 50 ans d'emprisonnement pour assassinat, entrave au bon fonctionnement de la justice et complot contre la sécurité intérieure. La défense, elle, souligne l'absence de preuves concrètes.

Comme lors du premier procès, les avocats ont voulu montrer que le dossier « est vide » et que l'auteur des faits « n'existe pas ». La victime, le colonel Bitala Madjoulba, avait été retrouvée au petit matin dans son bureau. Il serait tué d'une balle dans le cou, tirée à bout portant, alors que 113 militaires étaient en disponibilité opérationnelle ce soir-là. Mais personne n'a rien vu ou entendu, à l'exception d'une soldate en faction à la soute à essence, située à environ 400 mètres du poste de commandement. Elle affirme avoir entendu une détonation, qu'elle a assimilée à l'éclatement d'un pneu.

La défense a rappelé ce jeudi que tous les téléphones des militaires présents dans le camp dans la nuit du drame ont été fouillés, sans qu'aucun élément ne permette d'établir un lien clair avec Félix Abalo Kadangha, qui risque aujourd'hui 50 ans de prison.

« Pour qu'il y ait complicité, il faut une entente préalable », a relevé son conseil, qui a voulu montrer dans sa plaidoirie qu'il n'y a « aucun indice » dans ce sens. Pour la défense, la situation est claire : sans auteur connu à ce crime, sans preuve d'une entrave à la justice et sans indice de complot, les avocats demandent la relaxe des accusés et la poursuite de l'enquête.

Le colonel Bitala Madjoulba, qui dirigeait le premier bataillon d'intervention rapide, a été tué par balle, dans son bureau du camp militaire de Lomé, quelques heures après la cérémonie d'investiture de Faure Gnassingbé, en mai 2020.

En janvier 2023, l’ancien chef d’état-major, avait été arrêté, jugé en novembre de la même année avec six autres personnes et condamné à 20 ans de prison, pour entrave à la justice, complot contre la sûreté de l’État et complicité d’assassinat.

Sept personnes comparaissent de nouveau, en appel, devant la justice, dont Félix Abalo Kadangha, quatre officiers, une secrétaire et le chauffeur de la victime.

RFI

Vendredi 27 Février 2026 09:32


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