Transport aérien dans l’espace Cédéao: «Retirer les taxes a forcément un effet bénéfique»



Ce 1ᵉʳ janvier 2026 doit marquer la fin des taxes sur le transport aérien et les redevances passagers et de sécurité, ce qui pourrait induire une réduction du prix des billets d'avion de 25% au minimum dans l'espace de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao).
 
Des taxes qui font des voyages aériens les plus chers du continent, ce qui freine la demande et entrave l'intégration régionale depuis des années.
 
Didier Bréchemier, associé du cabinet Roland-Berger, spécialiste des questions aériennes africaines détaille les impacts attendus de cette mesure, au micro de Charlotte Cosset : « Si on prend par exemple un Dakar-Abidjan, l'hypothèse moyenne (du prix) sur un billet aller-retour serait à 400 euros. Or, les taxes qui seraient réduites seraient de 110 euros. La taxe, par exemple, sur les redevances passagers et de sûreté passerait de 40 à 30 euros, donc une baisse de 25%. Et ça ferait un moins 30 %, par exemple. Sur le prix d'un billet, c'est très significatif. Sur un Accra-Lagos, on aurait moins 40 %. »
 
« Si ça va dans la poche de la compagnie, ça participera aussi au développement du pays »
Interrogé sur le fait de savoir si les compagnies aériennes vont répercuter directement cette suppression des taxes sur les prix des billets, Didier Bréchemier explique : « La question va être le système de "revenue management" de "yield management" [une pratique commerciale qui consiste à faire varier les prix en fonction du comportement de la demande des consommateurs, NDLR] d'une compagnie aérienne. Elle ne regarde pas vraiment le prix, si je puis dire. Elle regarde s’il y a suffisamment de voyageurs pour accepter d'acheter un prix particulier. Et donc, s'il reste dans la même logique, en fait, l'argent ira dans les compagnies aériennes plus que dans la poche du voyageur. »
 
Et d’affirmer : « Si ça va dans la poche de la compagnie aérienne, à moyen terme, ce que cette dernière va faire, c'est acheter d'autres avions, mettre en place d'autres destinations, d'autres routes. Et donc, ça participera au développement économique du pays et ça offrira aussi aux voyageurs de nouvelles possibilités de déplacements. Retirer des taxes a forcément un effet bénéfique sur un secteur d'activité. »
 
La taxe sur les billets d'avion, celle sur le tourisme, ou encore celle de solidarité ne doivent plus s'appliquer au transport aérien dans toute la Cédéao à compter du 1ᵉʳ janvier 2026.
 
Selon Chris Appiah, le directeur du Transport à la Commission de la Cédéao, une fois ces taxes supprimées et ces frais réduits, la prochaine étape consistera à inciter les compagnies aériennes à baisser leurs tarifs, car elles ne paieront plus ces taxes et ces frais aux gouvernements.

RFI

Jeudi 1 Janvier 2026 11:02


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