Tribunal de Dakar: une ancienne footballeuse risque 20 ans de prison pour viol collectif présumé sur une mineure



Le parquet de Dakar a requis, mardi 12 mai, une peine de 20 ans de réclusion criminelle à l'encontre d'Oumy Sall et Mouhamed Yankhoba Dia. Les deux accusés sont poursuivis pour ‘’viol, pédophilie, actes contre-nature et détournement de mineure’’ sur une jeune fille de 14 ans, au terme d'un procès qui a révélé des détails glaçants.
 
Selon les révélations du journal Les Echos, l'affaire, qui remonte à avril 2022, a été examinée quatre ans après les faits devant une salle d'audience marquée par la gravité des révélations. Les deux protagonistes, Oumy Sall, ancienne joueuse de football, et Mouhamed Yankhoba Dia, alias Jacob, sont accusés d'avoir abusé de la jeune F. K. Faye à la suite d'une cérémonie religieuse à Grand-Dakar. Le ministère public, qualifiant les accusés de « pédocriminels », a fondé son réquisitoire sur la gravité des faits et sur les conclusions d'un certificat médical faisant état de déchirures hyménales récentes au moment de l'enquête.
 
Le calvaire de la victime aurait débuté vers 3 heures du matin, alors qu'elle rentrait d'un « thiant ». Selon ses déclarations initiales, Oumy Sall l'aurait conduite sous un prétexte dans la chambre de Jacob. La mineure a raconté avoir subi des attouchements de la part de l'ancienne footballeuse avant d'être bâillonnée, permettant ainsi au co-accusé de la violer. Cette version contredit la défense d'Oumy Sall, qui soutient avoir simplement voulu aider la jeune fille à trouver un refuge pour la nuit par peur de représailles maternelles.
 
À la barre, les accusés ont radicalement changé de système de défense par rapport à l'enquête préliminaire. Oumy Sall a notamment nié les aveux de lesbianisme et les détails de l'agression sexuelle consignés par les enquêteurs, affirmant avoir été victime de violences policières pour passer aux aveux. Elle a également réfuté toute attirance pour les femmes, arguant de sa fréquentation assidue des dahiras, bien que ses premières déclarations mentionnaient une pratique du lesbianisme s'étalant sur huit années durant sa carrière sportive.
 
La défense, portée par Mes Khadim Kébé et Aboubacry Barro, a plaidé l'acquittement pur et simple. Les avocats ont fustigé une enquête jugée non exhaustive et ont dénoncé des accusations qu'ils qualifient de diffamatoires concernant les mœurs de leur cliente. Malgré ces arguments, le procureur a maintenu sa position, soulignant la mauvaise foi notoire des deux accusés face aux éléments matériels du dossier.
 
L'épilogue judiciaire de cette affaire est attendu prochainement. La chambre criminelle de Dakar a mis le dossier en délibéré et rendra son verdict final le 9 juin 2026. 

Ibrahima Mansaly

Mercredi 13 Mai 2026 13:05


Dans la même rubrique :