Trois jours sans eau dans la banlieue, le calvaire des populations

La situation est très alarmante dans sa banlieue. La soif s’est y installée, la misère de l’eau persiste toujours et les populations se trouvent dans l’obligation de se démener pour trouver le liquide précieux.



Il faut se réveiller à 5 h du matin pour aller chercher de l'eau. Mais en vain. Car, ce sont des gouttes d'eau qui apparaissent petit-à-petit. Suffisant pour que des ménages soeint plongés dans une colère noire. Et pour satisfaire leur besoins, ce sont des kilomètres qui sont parcourues après un contact avec les parents pour avoir le liquide précieux. Vers 7 h, bon nombre de femmes, armées de bassines ou sceaux qui font des va-et -viens incessants pour avoir un liquide précieux.

Seynabou Mbengue habite wakhinane. A l'en croire, elle est restée pendant trois jours sans sa laver. Un coup dur. "Je cherche tous les jours de l'eau. En vain. Et le seul robinet qui coule est au niveau de la Sde non loin du croisement Serigne Assane. C'est vraiment difficile pour les ménages", déclare-t-elle. Bouba Diop quant'à lui, demeurant dans le même quartier, s'emporte "ce n'est pas normal. Je cherche de l'eau et je suis obligé de téléphoner un parent pour en avoir". Conséquence, des enfants vont à l'école, sans se doucher. Même cas de figure pour Babacar Diop. Il lui est difficile de se débarbouiller. "Je pensais que la situation allait se régler mais tel n’est pas le cas. La Sde a prétexté un bricolage. Mais nous sommes dans le désarroi total", lance-t-il avant de repartir à la recherche de l'eau.

Au quartier Fith mith dans la commune de Golf Sud, certes l'eau coule des robinets, mais sa couleur est presque rougeâtre ou saumâtre. "C'est ce que nous buvons et vraiment c'est dangereux. Que faire, car il suffit juste de mettre des gouttes d'eau de javel" s'exclame N. D. Pour elle, c'est comme ça depuis quelques jours. Même les boutiques sont prises d'assaut. Les sachets d'eau disparaissent des frigos et des bouteilles d'eau naturelle se vendent comme de petits pains.

Aux parcelles assainies, à l'unité 10, même son de cloche. Ce sont des femmes, bassines en bandoulière qui sont à la recherche de ce liquide. L’eau étant devenue une denrée rare Kiné Diop ne connait pas de répis. A peine revenue de son boulot, elle fait cap vers la pompe. "C'est normal, car nous n'avons pas d'eau durant des jours. Une situation compliquée. Sinon comment préparer le diner. Et M. doit pendre son bain" fait-elle remarquer. Chez les Cissé, c'est le même constat. Même les enfants ont des gourdes. La règle, c'est qu'il faut participer. Une situation qui semble bien les amuser.

A cette situation de manque d'eau dans certains quartiers, la coupure d'électricité est de retour. Dans la nuit du lundi à mardi, le courant s’est éclipsé pour de bonnes heures. De Guédiawaye en passant par certaines communes, c'est le noir total. Une situation qui met de l'électricité dans...l'eau.
Abdoul K. Diop (Correspondant dans la banlieue)

Abdou K. DIOP

Mercredi 30 Novembre 2011 00:01


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