On en sait un peu plus sur les circonstances de la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba. L'aspect le plus bouleversant de cette tragédie réside dans la neutralité de la victime au moment des faits. Abdoulaye Bâ, étudiant en 2e année de chirurgie dentaire, ne manifestait pas. Selon ses camarades, il était simplement présent dans sa chambre, dans l'impossibilité de quitter un campus « envahi illégalement ».
C’est dans cet espace privé, censé être protégé, que les forces de l’ordre auraient forcé l’entrée. Le communiqué dénonce un usage de la force disproportionné sur un homme sans défense, affirmant qu'il y a été «torturé sauvagement» avant d'être abandonné, grièvement blessé. Le récit de ses derniers instants, marqués par une importante perte de sang avant son décès au service médical du COUD, souligne l'extrême violence de l'assaut.
Au-delà de l'émotion, l’Amicale des Étudiants de la FMPO ne se contente pas de pointer du doigt les exécutants, mais pointe du doigt des responsables de ce qu'elle considère comme un assassinat sous l'autorité de l'État. Elle accuse, selon le communiqué, directement Bassirou Diomaye Faye, Président de la République, son Premier ministre, Ousmane Sonko et le ministre de l’Enseignement supérieur, Daouda Ngom.
Elle dénonce une chaîne de commandement ayant conduit à la violation des franchises universitaires et à la mort d'un étudiant dans l'intimité de son lieu de vie.