UEMOA : Abdoulaye Diop annonce une croissance de 6 % en 2026 et défend l’accord Sénégal-FMI



Interrogé par le journal Le Soleil sur la conjoncture de l’Union, le président de la Commission, Abdoulaye Diop, estime que « l’activité économique au sein de l’UEMOA est restée vigoureuse » malgré la crise sécuritaire, les tensions géopolitiques et les chocs climatiques. 

Il souligne que « la dynamique de croissance observée depuis 2023 s’est maintenue en 2025 et se poursuit en 2026 », avec un taux de « 6,5 % en 2025 contre 6,2 % en 2024 » et une projection « autour de 6,0 % » en 2026. Une performance portée, selon lui, par « la bonne tenue des industries extractives, la vigueur du secteur des services et les résultats favorables de la production agricole », renforcée par l’essor des hydrocarbures au Sénégal, en Côte d’Ivoire et au Niger, essor qui agit comme « un levier industriel majeur ».

Revenant sur la feuille de route « Impact 2030 », le président de la Commission indique qu’elle a été élaborée « en lien avec la Vision prospective 2040 de l’Union, qui ambitionne de faire de l’UEMOA un espace économique et monétaire durablement intégré, paisible et prospère ». 

Le plan, articulé autour de « cinq axes stratégiques », vise à « accélérer la transformation structurelle des économies régionales » à travers « treize écosystèmes régionaux prioritaires et la création de pôles énergétiques pour soutenir l’industrialisation locale », précise-t-il au Soleil.

Sur l’inflation et les défis structurels, Abdoulaye Diop assure que les pressions « demeurent jusque-là contenues », avec « 1,3 % en août 2026 », grâce à une offre céréalière favorable, malgré la hausse des prix du carburant dans sept pays sur huit. Il se félicite des « performances assez remarquables » sur le plan fiscal, où « les recettes fiscales ont doublé dans certains pays », et défend l’élargissement de l’assiette fiscale comme « le levier indispensable pour la mobilisation des ressources ». 

Concernant la libre circulation, il reconnaît des difficultés persistantes et annonce « une plateforme de dématérialisation de la procédure d’octroi de l’origine communautaire » et la mise en place du régime de la « libre pratique » pour achever l’Union douanière.

Au sujet du Sénégal, M. Diop salue l’accord technique conclu avec le FMI après deux ans de négociations, rappelant que « le Sénégal occupe une place importante au sein de l’Union, dont il constitue la deuxième économie ». 

Il estime que « c’est un signal positif pour les autres partenaires techniques et financiers, ce qui ouvre la voie à d’autres opportunités de financement » et que cet accord « devrait permettre de réduire les vulnérabilités budgétaires et extérieures ». 

Il approuve également le choix d’exclure la dette en FCFA du traitement, une orientation qui « contribuera grandement à la consolidation et à l’approfondissement de notre marché financier sous-régional » et qui « permet de rassurer les investisseurs régionaux ». 

Il rappelle enfin le soutien de la Commission au Sénégal, notamment « 100 millions FCFA » pour les JOJ Dakar 2026, ainsi que ses projets dans les infrastructures, l’énergie, l’agriculture et l’enseignement supérieur.

F. Bakary Camara

Vendredi 2 Octobre 2026 02:27


Dans la même rubrique :