L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a identifié un foyer suspect de hantavirus à bord du navire de croisière MV Hondius, déclenchant une alerte sanitaire internationale. Le bilan provisoire fait état de trois décès dont « un couple de ressortissants néerlandais et un citoyen allemand ». Face au risque de contagion, le navire, qui transporte 149 passagers de 23 nationalités différentes, s’est vu refuser l’accès au port de Praia, au Cap-Vert.
Bien qu'aucun cas n'ait été signalé sur le territoire national, les autorités sanitaires sénégalaises ont instauré une vigilance accrue. Sous l’égide du Dr Mamadou Ndiaye, directeur de la Prévention au ministère de la Santé, un suivi rigoureux est mené en collaboration avec l’OMS et l’Institut Pasteur de Dakar
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Le dispositif repose sur un contrôle strict aux frontières maritimes, particulièrement au port de Dakar. Désormais, tout navire doit « impérativement transmettre un manifeste sanitaire avant d'obtenir une autorisation d'accostage ». En cas de suspicion, les autorités se réservent le droit de maintenir les bâtiments en provenance de zones à risque en rade pour des vérifications approfondies.
Comprendre le hantavirus, transmission et symptômes
Le hantavirus est une zoonose transmise à l'homme principalement par les rongeurs, par l'inhalation de particules contaminées (urines, excréments ou salive). Bien que la transmission entre humains soit jugée extrêmement rare, la dangerosité de la maladie réside dans l'absence de vaccin ou de traitement curatif spécifique.
Les premiers symptômes sont trompeurs car ils ressemblent à ceux d'une grippe classique. Toutefois, l'infection peut évoluer vers des complications respiratoires ou rénales sévères, parfois fatales. Si l’OMS Europe estime pour l'heure que le risque de propagation internationale est « faible », la confirmation d'un cas en laboratoire en Afrique du Sud et la présence de cinq autres cas suspects imposent la prudence.
Les autorités sanitaires sénégalaises rassurent les populations sur l'absence de menace immédiate dans le pays tout en rappelant que la prévention demeure, à ce stade, le seul rempart efficace contre ce virus.