Violences politiques (2021-2024) : la RADDHO réclame une réparation intégrale et un mécanisme national indépendant



La Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) est revenue sur la période de violences politiques qu’a traversée le Sénégal entre 2021 et 2024, marquée par des pertes en vies humaines, de nombreux blessés, des arrestations arbitraires, des détentions prolongées et de profonds traumatismes pour les victimes et leurs familles.
 
Dans un communiqué, l’organisation souligne que ces « événements ont gravement affecté la cohésion sociale, la confiance des citoyens dans les institutions et l'exercice des libertés fondamentales garanties par la Constitution et par les engagements internationaux du Sénégal en matière de droits humains ».
 
La RADDHO constate que, malgré les indemnisations déjà annoncées ou accordées, de nombreuses victimes continuent d'attendre une réponse complète, équitable et transparente. « Les mécanismes de réparation existants demeurent partiels et insuffisants, et il n'existe toujours pas de mécanisme national clair, inclusif et indépendant de réparation intégrale, garantissant l'égalité de traitement de toutes les victimes », souligne-t-elle.
 
Rappelant que la réparation est un droit fondamental, l’organisation insiste sur le fait qu’elle ne peut se limiter à une indemnisation financière, aussi importante soit-elle. Selon elle, la « réparation doit être intégrale et inclure la reconnaissance officielle des violations subies, l'accès à la vérité et à la justice, la prise en charge médicale et psychosociale, ainsi que des garanties effectives de non-répétition ».  
 
D’après l’organisation des droits de l’homme, la « paix durable et la réconciliation nationale ne peuvent se construire ni sur l'oubli ni sur des mesures insuffisantes. »
 
À cet effet, la RADDHO appelle les autorités sénégalaises à mettre en place un « mécanisme national de réparation intégrale, inclusif et indépendant, capable de prendre en compte toutes les victimes sans discrimination », et à adopter des « mesures concrètes garantissant la non-répétition des violations ».
 
L’organisation des droits de l’homme réaffirme que la justice, la vérité et la réparation intégrale sont des conditions essentielles de la paix, de la réconciliation nationale et de l'État de droit.

Moussa Ndongo

Lundi 2 Février 2026 23:50


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