Dans un café discret de Dar es Salaam, Teresia est assise sur une chaise, le regard vers l'horizon. La jeune femme de 32 ans veut faire savoir ce qui est arrivé à sa famille le 30 octobre 2025. Ce jour-là, le patron de son frère cadet insiste pour qu'il se rende à la boucherie où il travaille, près d'une grande artère de Dar es Salam, malgré les manifestations toutes proches. Un peu plus haut, des jeunes jettent des pierres sur les forces de l'ordre et viennent se réfugier près de la boucherie. C'est là que tout bascule.
« Un officier est venu près de son lieu de travail. Il y avait aussi un autre garçon qui se trouvait là, raconte Teresia. Il a ordonné à mon frère et ce garçon de sauter à pieds joints jusqu'à la route principale... Et là, il leur a tiré dessus. »
Sur une vidéo qu'elle a gardée, Teresia montre l'après. Son frère, dont elle préfère taire le nom, a été jeté dans la boue avec deux autres hommes. Leurs corps sont ensanglantés et tous agonisent dans des mouvements lents et difficiles. Le jeune homme de 24 ans est transporté à l'hôpital et opéré, mais ne survit pas à ses blessures. « Je savais que des choses comme ça allaient arriver, que des gens allaient mourir, mais je n'imaginais pas que quelqu'un de ma famille allait mourir alors qu'aucun d'entre eux n'est allé dans la rue pour manifester », explique Teresia.
La peur règne au sein de la population
Les derniers instants de son frère, ce sont des témoins qui lui ont raconté et qui ont prévenu la famille le jour des faits. Afin de récupérer le corps du jeune homme, il a fallu payer 500 euros de frais d'hôpital, une somme colossale en Tanzanie. Malgré ce drame, Teresia ne regrette pas que les manifestations aient eu lieu. Car il faut du changement, selon elle. Mais dans sa famille, c'est aujourd'hui la peur qui règne : « Je n'ai pas peur, mais ma maman a très peur. Quand on essaye de dire quoi que ce soit contre le gouvernement, elle nous dit "Arrête, ils vont venir te chercher ici". »
Une référence aux nombreux enlèvements qui ont eu lieu ces derniers mois contre toute voix dissidente. Une commission d'enquête a été mise en place par le gouvernement pour faire la lumière sur ce qu'il s'est passé. Les huit membres à sa tête sont tous des proches du pouvoir.
« Un officier est venu près de son lieu de travail. Il y avait aussi un autre garçon qui se trouvait là, raconte Teresia. Il a ordonné à mon frère et ce garçon de sauter à pieds joints jusqu'à la route principale... Et là, il leur a tiré dessus. »
Sur une vidéo qu'elle a gardée, Teresia montre l'après. Son frère, dont elle préfère taire le nom, a été jeté dans la boue avec deux autres hommes. Leurs corps sont ensanglantés et tous agonisent dans des mouvements lents et difficiles. Le jeune homme de 24 ans est transporté à l'hôpital et opéré, mais ne survit pas à ses blessures. « Je savais que des choses comme ça allaient arriver, que des gens allaient mourir, mais je n'imaginais pas que quelqu'un de ma famille allait mourir alors qu'aucun d'entre eux n'est allé dans la rue pour manifester », explique Teresia.
La peur règne au sein de la population
Les derniers instants de son frère, ce sont des témoins qui lui ont raconté et qui ont prévenu la famille le jour des faits. Afin de récupérer le corps du jeune homme, il a fallu payer 500 euros de frais d'hôpital, une somme colossale en Tanzanie. Malgré ce drame, Teresia ne regrette pas que les manifestations aient eu lieu. Car il faut du changement, selon elle. Mais dans sa famille, c'est aujourd'hui la peur qui règne : « Je n'ai pas peur, mais ma maman a très peur. Quand on essaye de dire quoi que ce soit contre le gouvernement, elle nous dit "Arrête, ils vont venir te chercher ici". »
Une référence aux nombreux enlèvements qui ont eu lieu ces derniers mois contre toute voix dissidente. Une commission d'enquête a été mise en place par le gouvernement pour faire la lumière sur ce qu'il s'est passé. Les huit membres à sa tête sont tous des proches du pouvoir.