Yakaar-Teranga :Quand le gaz tourne à la tempête politico-financière



Situé dans le bassin offshore profond de Cayar et regorgeant d'environ 25 000 milliards de pieds cubes de gaz, le projet Yakaar-Teranga est au cœur d'une vive polémique politico-financière au Sénégal. Ce gisement stratégique, essentiel pour la souveraineté énergétique et la baisse du coût de l'électricité, oppose l'exécutif actuel à l'ancienne équipe dirigeante.
 

La controverse a enflammé l'espace public lors de la Dpg du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô, qui a pointé des manquements et évoqué une somme de 55 millions de dollars (environ 30 milliards de FCFA) qui aurait dû échouer dans les caisses de l'État. Face à cette situation, la société civile est montée au créneau pour exiger toute la lumière sur ces fonds et appeler l'OFNAC à s'autosaisir.
 

En réponse à ces accusations, l'ancien ministre de l'Énergie Birame Souleye Diop n'a pas mâché ses mots à l'encontre du chef du gouvernement, lançant vertement : « Moi, vraiment, Ahmadou Al Aminou Lô, le Premier ministre, je l'ai connu rigoureux, mais il n'a pas fait preuve de rigueur dans sa conclusion, si c'est cela sa conclusion ». invité sur Xalat Tv, Il a ajouté avec aplomb : « Je suis sûr de cela, il n'a pas demandé aux équipes du ministère. S'il l'avait demandé, il l'aurait su auprès des équipes du ministère, parce que s'il l'avait demandé, il saurait ce qu'il en est ».
 

Revenant sur les détails du dossier, l'ancien ministre souligne que la vision actuelle portée par le gouvernement en place  sous la houlette du ministre Abdourahmane Diouf  diverge sur l'exploitation des données et l'évaluation des résultats d'exploration antérieurs. Un point de friction majeur réside notamment dans la restitution des données : un document de janvier 2026 indique que Kosmos détiendrait près de 115 téraoctets (To) de données sismiques et géologiques, un volume massif dont le ministère conteste la conservation, exigeant leur reversement total à Petrosen.
 

Par ailleurs, l'ancienne équipe, soutenue par l'ex-DG de Petrosen Alioune Geuye, défend vigoureusement son bilan en affirmant que l'accord de retrait conjoint signé le 22 avril 2026 n'a coûté aucun franc de compensation à l'État, aucune pénalité n'étant due puisque les travaux d'investissement minimum avaient été réalisés. Birame Souleye Diop rappelle à ce titre que les 55 millions de dollars agités dans le débat correspondent à un engagement d'investissement formel prévu lors du renouvellement de la licence par décret en mars 2024, et non à une créance exigible ou à des fonds perdus par la nation.
 

Alors que Kosmos Energy a confirmé sa sortie du bloc tout en clarifiant qu'il n'existait aucune volonté de nationalisation, Petrosen s'apprête à porter seule le projet en vue d'une décision finale d'investissement visée pour 2026.


Pour démêler le vrai du faux et reconstituer la chaîne exacte des responsabilités, l'Inspection générale d'État (IGE) a été saisie sur instruction du chef de l'État, selon L'Observateur .


Fodé Bakary Camara

Jeudi 10 Septembre 2026 15:34


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