Zambie: l'archevêque de Lusaka, nouvelle voix critique convoquée par les autorités

En Zambie, les voix critiques semblent toujours dans le viseur des autorités, un mois et demi après les élections présidentielle et législatives contestées du 13 août. Ce lundi 28 septembre, après les arrestations récentes de plusieurs membres de l'opposition, l'archevêque catholique de Lusaka, Alick Banda, voix critique du président Hakainde Hichilema, a été à son tour convoqué par la police anti-corruption.



 
Cette fois-ci, la Commission zambienne de lutte contre la drogue, également compétente en matière de blanchiment d'argent et de crimes financiers, accuse l'archevêque Alick Banda d'avoir « obtenu illégalement un véhicule auprès de l'Autorité fiscale zambienne ». Le religieux aurait été, entre avril 2021 et décembre 2023, en possession d'un Toyota Hilux donné par l'ancien président Edgar Lungu. Ce rival de l'actuel chef de l'État, Hakainde Hichilema, est décédé depuis.
 
Selon la presse zambienne, cette affaire s'inscrit dans le cadre d'une enquête plus vaste portant sur une vingtaine de véhicules de l'administration fiscale qui auraient été cédés illégalement. L'archevêque Alick Banda a plaidé non coupable et a été libéré en échange d'une caution s'élevant à plus de 3 500 euros. Ses documents ont été saisis pour l'empêcher de quitter le pays d'ici son procès, fixé au mois de novembre.
 
Des arrestations régulières depuis les élections
En pleine période électorale, le religieux catholique s'était inquiété publiquement des violences politiques, qui risquaient selon lui de mettre en péril les fondements mêmes de la démocratie en Zambie. Mi-septembre, les autorités zambiennes ont également révoqué les passeports de plusieurs représentants de la société civile, universitaires, anciens diplomates ou opposants, alors qu'ils se trouvaient à l'étranger. Amnesty International avait dénoncé « une utilisation des pouvoirs administratifs pour réduire au silence les critiques ».
 
Le principal opposant Brian Mundubile et son colistier Makebi Zulu avaient déjà été arrêtés et inculpés pour haute trahison après ces scrutins. Un autre membre de l'opposition et ancien ministre, Mutotwe Kafwaya, a été quant à lui tué par balle au cours d'un raid des forces de sécurité dans une propriété liée au candidat d'opposition au lendemain du vote. Onze personnes avaient par ailleurs été arrêtées.
 
 

RFI

Mardi 29 Septembre 2026 16:42


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