un opposant gambien arrêté à Dakar

Cheikh Sidya Bayo, leader du parti Conseil national pour la transition en Gambie (CNTG), a passé la journée du samedi 3 janvier en détention à Dakar. Aucune explication officielle n’a été avancée. Mardi 30 décembre, une attaque contre le palais présidentiel à Banjul a été déjouée, et depuis, de nombreuses arrestations ont lieu en Gambie. De son côté, la Guinée-Bissau réfute abriter sur son sol des auteurs présumés de l'attaque.



Cheikh Sidya Bayo, opposant gambien.

C’est dans une vidéo diffusée sur internet que l’opposant Cheikh Sidya Bayo lance un appel à l’insurrection en Gambie. En anglais, il encourage le renversement du président Yahya Jammeh. Des déclarations réaffirmées à la télévision sénégalaise, après la tentative de coup d’Etat  en Gambie.

Ces récentes prises de parole seraient la cause de son arrestation, selon un de ses proches. Dans la nuit du vendredi à samedi, les policiers ont interpellé Cheikh Sidya Bayo à son domicile, avant de l’emmener au commissariat central de Dakar.

« Nous savons que le président Yahya Jammeh a formellement mis en cause les autorités sénégalaises, déclare Me Assane Dioma Ndiaye, son avocat. Il a semblé dire que les mutins sont partis du Sénégal, et donc certainement les autorités sénégalaises veulent aujourd'hui se dédouaner et dire qu'elles n'ont rien à voir avec ce qui s'est passé en Gambie et qu'elles ne tolèreraient pas que des éléments, des opposants en tout cas gambiens établis au Sénégal puissent être à l'origine d'actes subversifs par rapport au régime gambien. Donc je pense que c'est une opération de charme à l'endroit des autorités gambiennes. »

Pour l’heure, aucune explication officielle n’a été donnée. Citoyen français, Cheikh Sidya Bayo risque l’extradition vers Paris.

Les auteurs de l'attaque ne sont pas en Guinée, selon les autorités

La Guinée-Bissau a démenti par un communiqué, la présence sur son territoire d'auteurs présumés de l'attaque du 30 décembre contre le palais du président gambien Yahya Jammeh et a condamné cet assaut. Quatre officiers gambiens soupçonnés d'avoir participé à l'attaque du 30 décembre ont fui en Guinée-Bissau, avait affirmé mercredi à l'AFP une source militaire à Bissau.

Jusqu'aujourd'hui, aucun militaire impliqué dans la tentative de coup d'Etat survenue en Gambie n'a franchi la frontière nationale, encore moins mis en prison, peut-on lire dans le communiqué, qui indique que des mesures de contrôle ont été renforcées au niveau de la frontière nord. Mais la Guinée-Bissau n'a aucune frontière avec la Gambie, les deux pays sont séparés par la Casamance, une région du sud du Sénégal.

De so côté, le président de la ligue guinéenne des droits de l'homme, très actif ces derniers jours, veut croire les autorités guinéennes, mais cela ne l'empêche cependant pas de mettre en garde contre toute tentative d'extradition en catimini : « Notre Constitution interdit toute forme d'extradition vers un pays où la peine de mort est appliquée. C'est un avertissement que je fais pour éviter des incidents de dernière heure. La solution du problème ne doit jamais passer par l'extradition vers la Gambie car ils risquent d'être passés par les armes. »

Source: Rfi.fr



Dimanche 4 Janvier 2015 11:15


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