Face à ce drame humain persistant, l'ADHA exprime une vive préoccupation et pointe du doigt l'échec des dispositifs actuels. Pour Adama Mbengue, président de l'organisation, les multiples campagnes de sensibilisation et les mesures prises jusqu'ici s'apparentent à du « saupoudrage » qui ne parvient pas à freiner les départs.
« Ce drame humain confirme une réalité : malgré les discours et les campagnes, la migration irrégulière persiste. L'ADHA le dit clairement : le Sénégal ne dispose pas aujourd'hui d'une stratégie suffisamment efficace et cohérente pour endiguer ce phénomène. Il est temps de changer de paradigme », a déclaré Adama Mbengue. Il souligne que la situation socio-économique, marquée par un taux de chômage alarmant chez les jeunes, constitue le principal moteur de ces traversées périlleuses.
L'organisation plaide pour une rupture profonde avec l'approche actuelle, estimant que la réponse sécuritaire, bien que nécessaire, montre ses limites. Selon M. Mbengue, les forces de défense effectuent un « excellent boulot », mais leurs efforts restent vains sans réformes structurelles fortes visant à offrir de réelles perspectives à la population active.
L'ADHA appelle ainsi l'État à prendre des mesures courageuses pour s'attaquer aux causes profondes du mal. Parmi les pistes de solutions préconisées figurent la réduction du train de vie de l'État, la suppression des structures administratives faisant doublon et une rationalisation des ressources publiques. L'objectif est de réorienter les financements vers des politiques d'insertion durables et ciblées, afin que les départs risqués cessent d'être perçus comme l'unique option par défaut pour la jeunesse sénégalaise, livre Sud Fm radio.