​13 % des recettes engloutis par la dette : l'avertissement du FMI aux États africains



Réunis à Bangkok à l’occasion des Réunions annuelles du Fonds monétaire international (FMI), les responsables du département Afrique ont présenté le rapport sur les Perspectives économiques régionales d’octobre 2026.

Sous le titre « Croissance résiliente, perspectives incertaines », l’institution revoit à la hausse ses prévisions de croissance pour l’Afrique subsaharienne, désormais établie à 4,5 % pour 2026 et 2027.

Cette dynamique positive s'explique par les réformes engagées, notamment la suppression des subventions et les ajustements de taux de change en Éthiopie et au Nigéria.

Malgré ces avancées, les décideurs mettent en garde contre une vulnérabilité persistante face à la hausse du coût de la vie et au durcissement des conditions financières. L'inflation médiane régionale devrait atteindre 4,3 % cette année puis 5 % l'an prochain, tandis que les frais financiers absorbent une part critique des revenus budgétaires.

« Les paiements d'intérêts absorbent environ 13 % des recettes publiques dans un pays type, ce qui limite les possibilités de dépenses sociales et d'investissement public », a souligné Zeine Zeidane, directrice du département Afrique du FMI.

Face à ces contraintes, l’institution financière invite les gouvernements à cibler prioritairement la protection des ménages les plus défavorisés. Zeine Zeidane a rappelé qu’une baisse générale des prix des carburants reste « coûteuse et mal ciblée », suggérant plutôt des aides directes. Par ailleurs, le FMI insiste sur l’importance de préserver la stabilité macroéconomique et de mener des réformes structurelles dans des secteurs clés tels que l’électricité, la numérisation et l’intégration commerciale continentale.

Sur le plan de la restructuration financière, des progrès significatifs ont été salués pour plusieurs pays de la région, notamment au Sénégal et au Ghana. Le FMI a confirmé la tenue d’échanges constructifs dans le cadre du Cadre commun du G20 pour le Sénégal.

Concernant le Nigéria, l'augmentation des recettes pétrolières soutient une prévision de croissance relevée à 4,2 %, tandis que la Banque centrale ajuste sa politique monétaire pour stabiliser l’économie.
 

Fodé Bakary Camara

Vendredi 16 Octobre 2026 21:19


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