​Accord Sénégal-Eni : Abdourahmane Diouf répond aux critiques : « Une accusation ne signifie rien »



Lors d’un petit-déjeuner de presse organisé ce jeudi au Musée des civilisations noires, le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Dr El Hadji Abdourahmane Diouf, a été interpellé sur plusieurs questions liées à cet accord, notamment le contenu local et les critiques visant le groupe énergétique italien Eni.

Le Sénégal et Eni ont signé, le 15 septembre 2026, un protocole d’accord portant sur l’évaluation du potentiel pétrolier et gazier de cinq blocs offshore : SN01M, SN02M, SN03M, SN07M et SN40M. Eni doit financer à ses frais les études techniques et géologiques prévues dans le cadre de cet accord.

 « Une accusation ne signifie rien »

Le ministre a éclairci les critiques formulées contre Eni concernant des dossiers liés à la corruption ou à la guerre. Pour Abdourahmane Diouf, il convient de distinguer « une accusation d’une condamnation ». « Une accusation ne signifie rien par rapport à qui a commis un acte ou ne l’a pas commis », a-t-il martelé, tout en affirmant avoir vérifié la situation du groupe avant la conclusion de l’accord.

« Ce qui est important, c’est que concernant Eni qu’ils accusent, lorsque nous avons vérifié, nous n’avons vu nulle part où elle a été condamnée », a-t-il ajouté.

Il estime par ailleurs que les accusations sont fréquentes dans le secteur des hydrocarbures. « Déjà, le milieu dans lequel nous sommes, c’est-à-dire le secteur du pétrole et du gaz, tout le monde accuse tout le monde. Quelle que soit la grande entreprise que vous prenez aujourd’hui, que ce soit Eni ou une autre, toutes font l’objet d’accusations », a souligné Mr Diouf.

 Abdourahmane Diouf dénonce aussi ce qu’il considère comme une tendance à maintenir certaines accusations malgré l’absence, selon lui, de condamnation. « Accuser quelqu’un chaque jour sans que l’accusation n’aboutisse à quoi que ce soit, ça c’est une vraie histoire bien sénégalaise », a-t-il martelé.

Le contenu local ne relève plus directement de son département

Sur le contenu local, le ministre assure que des efforts sont en cours, tout en rappelant que tous les travailleurs ne peuvent pas être affectés aux plateformes pétrolières et gazières.
« Il y a beaucoup de questions qui nous ont été posées sur le contenu local, notamment concernant les soudeurs et d’autres. Nous avons fait des efforts à notre niveau. Naturellement, tous les ouvriers ne peuvent pas travailler sur les plateformes pétrolières et gazières, mais nous faisons des efforts », a-t-il indiqué.

Abdourahmane Diouf a également tenu à apporter une « précision institutionnelle » sur la gestion du contenu local. Selon lui, cette compétence ne relève plus directement de son département depuis le dernier remaniement ministériel.

« Juste pour des raisons de transparence, il faut savoir que la structure qui gère le contenu local, donc toutes ces questions, ne dépend plus du ministère de l’Énergie et du Pétrole depuis le dernier remaniement ministériel. Elle est désormais rattachée à la Primature », a-t-il souligné.

Une situation qui explique, selon le ministre, la prudence avec laquelle son département aborde désormais certaines questions liées au contenu local. « C’est pourquoi, lorsque nous abordons ces questions actuellement, nous le faisons avec beaucoup de prudence, par respect pour l’autorité qui gère le contenu local », a avancé le ministre.

Fatime Gueye

Jeudi 1 Octobre 2026 19:30


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