​Affaire Epstein : perquisitions chez l'ex-Premier ministre norvégien Thorbjorn Jagland

La police norvégienne a annoncé avoir perquisitionné jeudi 12 février des propriétés de l’ex-Premier ministre Thorbjorn Jagland, désormais formellement soupçonné de « corruption aggravée » dans le cadre de ses contacts passés avec le criminel sexuel américain Jeffrey Epstein.



Les documents publiés fin janvier dans l’affaire Epstein  suggèrent notamment que Thorbjorn Jagland et/ou sa famille ont séjourné ou passé des vacances chez le financier à une époque où l’ex-chef du gouvernement était devenu président du comité Nobel – qui décerne le prix Nobel de la paix – et secrétaire général du Conseil de l’Europe.
« À la suite d’une décision de justice, Okokrim [unité de la police chargée de la criminalité financière, NDLR] a procédé aujourd’hui à une perquisition au domicile de Thorbjorn Jagland à Oslo », a indiqué son chef, Pål Lonseth, dans un communiqué.
« Okokrim a également perquisitionné deux autres propriétés situées à Risor et à Rauland », dans le sud du pays, a-t-il ajouté. Thorbjorn Jagland a estimé cette semaine par la voix de son avocat n’être coupable d’« aucun fait pénalement répréhensible ».
Selon les images des chaînes norvégiennes, plusieurs personnes se sont présentées, des cartons à la main, devant son appartement à Oslo dans la matinée. L’ancien dirigeant travailliste de 75 ans a été filmé, souriant, quittant les lieux en compagnie de son avocat.

Frais de voyage pris en charge
La police avait ouvert une enquête contre lui pour « corruption aggravée » la semaine dernière. Les perquisitions ont été rendues possibles par la levée de son immunité mercredi par le Conseil de l’Europe.
« Thorbjorn Jagland souhaite contribuer à ce que l’affaire soit pleinement élucidée, et la prochaine étape sera sa comparution pour interrogatoire devant Okokrim – comme il a lui-même indiqué le souhaiter », a indiqué son avocat, Anders Brosveet, dans un communiqué.

Selon la lettre envoyée par Okokrim au Conseil de l’Europe pour demander la levée de l’immunité, la police enquête pour déterminer si plusieurs avantages que M. Jagland aurait reçus relèvent de la « corruption passive ». Okokrim cite l’usage à plusieurs reprises, entre 2011 et 2018, par M. Jagland et/ou des membres de sa famille des appartements d’Epstein à Paris et à New York, ainsi que des séjours dans sa propriété à Palm Beach, en Floride. « Pour au moins l’un de ces séjours privés, les frais de voyage de six adultes semblent avoir été pris en charge par M. Epstein », peut-on y lire.
La police évoque aussi une autre offre de prise en charge des frais de voyage et d’hôtel dans les Caraïbes pour six adultes, une offre acceptée par M. Jagland, mais annulée ensuite « en raison de circonstances extérieures ».
 
 
 

RFI

Vendredi 13 Février 2026 09:29


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