​Assemblée nationale: Tafsir Thioye dénonce une révision constitutionnelle illégale



Lors de l’examen de la proposition de loi n°33/2026 sur la modification de l’article 37 de la Constitution, le député non-inscrit Tafsir Thioye a, ce lundi, interpellé ses collègues sur la légalité des travaux de l’Assemblée nationale. Prenant la parole en séance, le parlementaire a expliqué que les députés seraient actuellement en train de travailler avec un règlement intérieur qu’il considère comme incomplet.

« Cela fait quelques temps que je ne suis pas venu à l’Assemblée nationale, parce que j’observais et je me suis rendu compte que nous sommes en train de travailler dans l’illégalité », a déclaré Tafsir Thioye.

L’article 118 au cœur de la contestation

Pour Tafsir Thioye, le problème reste entier, notamment concernant l’article 118 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale.  « Nous avons voté ici la modification de l’article 118. On devait l’envoyer au président de la République pour transmission au Conseil constitutionnel afin qu’il donne son avis, puis procéder à sa promulgation », a-t-il rappelé.

Selon lui, cette disposition n’aurait toujours pas été régulièrement intégrée au règlement intérieur. «Donc l’article 118, jusqu’à présent, nul ne sait où il se trouve ; il n’existe pas, ce qui fait que le règlement intérieur est incomplet », a-t-il soutenu.

Face à cette situation, le député non-inscrit estime que l’Assemblée nationale ne devrait pas poursuivre ses travaux comme si de rien n’était. « Comme nous n’avons pas de règlement intérieur complet, comment pouvons-nous décider ? », s’est-il interrogé, demandant à ses collègues de privilégier le débat juridique au lieu des attaques et des insultes.

« Suspendons la séance ! »

Tafsir Thioye a insisté sur sa demande de suspension des travaux. « Regardez, le règlement intérieur de l’Assemblée nationale est aujourd’hui incomplet, il est incomplet ! Nous ne pouvons pas décider, ce n’est pas possible ! Comme nous ne pouvons pas décider, suspendons la séance ! », a-t-il lancé.

Le parlementaire estime que la poursuite de l’examen de la proposition de loi pourrait placer l’institution dans une situation d’irrégularité. « Si nous continuons, nous serons dans l’illégalité, et c’est cela la vérité historique ! », a-t-il averti.

Le député a également interpellé l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko, en revenant sur l’épisode de la Déclaration de politique générale (DPG). Il rappelle que l’actuel Président de l’assemblée nationale avait refusé, à l’époque, de se présenter devant l’Assemblée nationale, estimant que le règlement  intérieur comportait des dispositions à corriger.

Malgré les objections du député, sa demande a été rejetée. Les travaux se poursuivent et la proposition de loi devrait être votée sans grande surprise.

Fatime Gueye

Lundi 17 Aout 2026 13:48


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