​Bassin MSGBC : Entre richesses et défis stratégiques pour le Sénégal et la Mauritanie



Enverus Intelligence Research (EIR), filiale d’Enverus, une entreprise évoluant  dans le secteur de l’énergie qui exploite l’IA générative dans l’ensemble de ses solutions, a publié un nouveau rapport analysant l’évolution des perspectives pétrolières et gazières en Mauritanie et au Sénégal, au sein du bassin Mauritanie, Sénégal, Gambie, Guinée-Bissau et Guinée-Conakry (MSGBC). Autrefois un pôle d’attraction pour les grandes compagnies pétrolières, le bassin présente aujourd’hui un tableau contrasté : un potentiel de ressources avéré, mais aussi d’importants obstacles à l’investissement.

Selon Enverus Intelligence Research (EIR), le Sénégal et la Mauritanie sont passés du stade de zones d'exploration pionnières à celui de producteurs établis. Le champ de Sangomar, au large du Sénégal, produit environ 100 000 barils de pétrole par jour, tandis que le Grand Tortue Ahmeyim (GTA) atteint une production d'environ 250 millions de pieds cube de gaz par jour. « Ces projets, en exploitation depuis plus d'un an, témoignent du potentiel technique du bassin et de la valeur ajoutée de plusieurs années de développement ».

Malgré la découverte de plus de 600 millions de barils de pétrole et de près de 90 milliards  de pieds cubes de gaz, de vastes étendues restent encore inexplorées. « Les compagnies pétrolières indépendantes et nationales, agiles et performantes, ont la possibilité de tirer parti des infrastructures existantes et des systèmes pétroliers éprouvés. Les projets d'expansion prévus, tels que Sangomar Phase 2 et GTA Phase 1+, visent à accroître encore la production régionale d'ici la fin de la décennie », note le communiqué.

Toutefois,  d’après Enverus Intelligence Research (EIR),  cet optimisme doit être tempéré par la réalité. «  Depuis 2019, les compagnies pétrolières internationales ont renoncé à 23 permis d'exploitation offshore et à plus de 170 000 km² de superficie, invoquant des changements réglementaires, un durcissement des règles fiscales et la volatilité des marchés. L'incertitude politique, les litiges fiscaux, les goulets d'étranglement des infrastructures et l'évolution des conditions fiscales continuent de peser sur la confiance des investisseurs et soulignent la nécessité de stabilité et de cadres prévisibles », suggère le rapport.

Vers une Redéfinition de l’Exploration Énergétique en Afrique de l'Ouest

 Le communiqué souligne que les deux gouvernements proposent des concessions minières ouvertes par le biais de négociations directes, dans le but d'attirer de nouveaux investisseurs. « Toutefois, enrayer l'exode des activités d'exploration exigera des conditions concurrentielles et une vision claire des priorités de développement. Si les ressources du bassin sont indéniables, le maintien de la dynamique observée à Sangomar et le GTA sera crucial pour raviver l'intérêt des investisseurs ». « Le démarrage des gisements de Sangomar et de GTA démontre le potentiel du bassin MSGBC », a déclaré Jimmy Boulter, directeur régional chez EIR.

Cependant, la réussite future dépend de la résolution des problèmes liés aux infrastructures de surface et de la création d'un environnement concurrentiel en amont. « Avec le retrait des grandes compagnies pétrolières de Mauritanie et du Sénégal pour s'implanter en Guinée-Bissau et en Gambie, le bassin MSGBC entre dans une nouvelle ère où un plus large éventail d'entreprises devra redéfinir l'exploration et le développement », le directeur régional chez EIR.

F. Bakary Camara

Vendredi 2 Janvier 2026 11:52


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