​Biggy, "l’avocat des femmes" : comment il a construit son agence "I+" et gagné la confiance de Wally Seck

De ses rêves de devenir médecin à ses débuts dans le journalisme, puis à la création de son agence « I+ », Amadou Moctar Rahim Teuw, plus connu sous le sobriquet de "Biggy" s’est construit entre télévision, entrepreneuriat et communication digitale. Aujourd’hui, il veut surtout utiliser sa visibilité pour révéler des talents, promouvoir une influence positive et défendre les femmes. Une conviction qu’il dit avoir héritée de sa famille, où les femmes occupaient une place importante. Son parcours l’a également conduit à collaborer avec Wally Seck, une relation professionnelle fondée, selon lui, sur la confiance et la franchise.



Derrière l’homme très présent sur les réseaux sociaux, se trouve une personne profondément marquée par son enfance et son éducation familiale. Biggy raconte avoir grandi dans une famille où les femmes avaient une place importante. « Les femmes ne doivent pas s’inquiéter avec moi », affirme-t-il. Pour lui, son respect et son attention envers les femmes viennent avant tout de l’éducation qu’il a reçue à la maison.

Il évoque notamment qu’il est issu d’une  famille nombreuse. Cette proximité avec les femmes de sa famille aurait largement façonné sa manière de voir les choses. «L’éducation que j’ai reçue à la maison,  ne m’a jamais appris à me dire : « Voilà ce qu’une femme subit, il faut la soutenir. » C’est quelque chose qui s’est naturellement ancré en moi et qui, jusqu’à aujourd’hui, fait partie de ma manière d’être », explique-t-il.

De l’envie de soigner à la passion du journalisme

Avant de devenir communicant, entrepreneur et influenceur, Biggy avait d’autres ambitions. Il confie avoir longtemps pensé à devenir infirmier ou médecin. Son objectif était déjà de faire du bien autour de lui. «Lorsque les gens sont heureux, je suis très heureux Parce que, vous savez, mon passe-temps favori, c'est de faire plaisir. C'est-à-dire que lorsque les gens sont heureux, je suis très heureux. Il ne s'agit pas d'en faire trop ou de se donner en spectacle, mais je ne veux pas voir le mal sur le visage de quelqu'un, ni voir une personne dégagée  des ondes négatives », confie-t-il.

Finalement, il s’est tourné vers le journalisme. Après son baccalauréat G, il rejoint l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane (UN-CHK), anciennement Université virtuelle du Sénégal (UVS) où il étudie les sciences économiques. Son parcours va ensuite s’élargir avec plusieurs formations dans le journalisme, le marketing-communication et le marketing digital.

Son surnom « Biggy » est également né durant cette période. Alors qu’il travaillait dans une entreprise étrangère, un cadre supérieur avait du mal à retenir son nom complet et lui a proposé de l’appeler ainsi. Le surnom finit par être adopté par ses camarades de l’université. « Ils m’appelaient tous Biggy, et plus personne ne m’appelait par mon vrai nom », raconte-t-il.


De la télévision à l’entrepreneuriat

Biggy fait ensuite ses premiers pas à la télévision. Il cite plusieurs personnes qui ont cru en lui et lui ont donné l’occasion de s’exprimer, avant de passer par différentes chaînes, notamment DTV, 2sTV et Sen TV.

Pour lui, la télévision a surtout été une école. Il commence parfois sans rémunération, estimant qu’il faut d’abord construire son expérience et son public. « Ce qu’on cherche, on le construit pas à pas. Tu ne peux pas bâtir un immeuble en posant juste le bâtiment comme ça : il faut des fondations », souligne-t-il.

Avec le développement des réseaux sociaux, Biggy comprend rapidement que l’avenir passe aussi par le numérique. Il décide alors de créer sa propre structure.

I+ (I Plus), une agence pour révéler les talents

Biggy est aujourd’hui à la tête de l’agence I+, une structure orientée vers la communication digitale, le placement de produits et l’accompagnement de talents.

L’idée, selon lui, n’est pas simplement de devenir influenceur, mais de permettre à d’autres personnes de révéler leur potentiel. « Mon objectif n’était pas de me mettre en avant ma personne. Ce qui m’intéressait, c’était de prendre quelqu’un, d’observer son potentiel et de faire ressortir ce qu’il a en lui », explique-t-il.

Il dit ainsi rechercher des profils parfois inconnus et leur offrir des opportunités professionnelles. « Moi, je déniche des profils, je recrute des talents », résume-t-il.

Pour Biggy, le terme « influenceur » ne doit d’ailleurs pas être réduit à la visibilité sur les réseaux sociaux. « Si c’est pour impacter positivement la vie des gens, alors oui, c’est cela être un véritable influenceur », estime-t-il.

« Une masculinité engagée commence chez soi »

L’un des sujets qui occupent une place particulière dans son discours est son engagement en faveur des femmes. Biggy refuse toutefois de présenter cette démarche comme un exploit.«Pour un homme, aimer et soutenir les femmes devrait être quelque chose de naturel. Il n’y a rien d’extraordinaire ni d’héroïque là-dedans », lance-t-il.

Pour lui, la défense des femmes doit d’abord commencer dans la famille. Il estime qu’un homme ne peut pas prétendre défendre les femmes dans l’espace public tout en ayant un comportement violent ou irrespectueux envers ses propres sœurs et cousines.

« Un homme sénégalais doit savoir qu’une masculinité engagée commence chez soi, au sein de sa propre famille », affirme-t-il.

Biggy assure également mener certaines actions dans la discrétion, notamment auprès d’associations et de femmes confrontées à des difficultés. « Je le fais déjà, mais il n’est pas nécessaire de l’étaler. J’aide les associations et les femmes qui ont perdu leurs repères pour redorer leur image, mais je travaille dans la discrétion », révèle-t-il.

Son engagement est donc présenté comme une démarche personnelle, davantage liée à son éducation qu’à une stratégie de communication.


La famille, première école

Chez Biggy, le rapport aux femmes semble ainsi intimement lié à la famille. Il dit ne pas supporter de voir une femme souffrir devant lui sans essayer d’intervenir.

« Moi, je n’aime pas voir une femme pleurer devant moi, ni qu’il y ait quelque chose qui lui fasse mal sous mes yeux, ni qu’elle ressente quelque chose sans que je ne puisse rien y faire en restant assis à la regarder », confie-t-il.

Il insiste également sur l’importance de préserver la paix entre frères et sœurs et d’éviter d’exposer les conflits familiaux sur la place publique. Pour lui, la solidarité familiale doit rester une priorité.

Une relation professionnelle basée sur la confiance avec Wally Seck

Biggy est également revenu sur sa relation avec le chanteur Wally Ballago Seck. Il explique que l’artiste l’avait sollicité pour travailler sur sa stratégie numérique.  « Wally m’a fait venir pour qu’on travaille ensemble dans le domaine du numérique », révèle-t-il. Il participe ainsi à plusieurs projets de l’artiste et travaille avec son équipe digitale, notamment Amina Ndiaye, ainsi qu’avec l’épouse du chanteur.

Une collaboration qui n’est pas toujours sans débats. Biggy reconnaît que les réunions peuvent être très animées, chacun défendant son point de vue. Mais, selon lui, ces échanges sont possibles grâce à la confiance qui règne au sein de l’équipe. « Wally nous fait entièrement confiance. Alors quand on travaille avec lui, on doit lui dire franchement les choses », explique-t-il.

Et derrière l’image publique de la star, Biggy assure avoir découvert un homme différent de celui que le public peut parfois imaginer : « Nous, nous voyons la personne qu’il est vraiment : il est extrêmement généreux », témoigne-t-il.

Entre télévision, entrepreneuriat, communication digitale et engagement social, Biggy revendique donc un parcours sans regrets. Pour lui, chaque expérience, même difficile, participe à la construction d’un homme et d’un professionnel.

Son ambition est d’utiliser sa visibilité et son expertise dans le numérique pour développer son activité, mais aussi pour mettre en lumière des talents et défendre, à sa manière, des valeurs de respect, de solidarité et de responsabilité envers les femmes.

Fatime Gueye

Vendredi 14 Mars 2025 16:10


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