"​Censure" du futur Premier ministre : Dr Serigne Thiam, membre de l’APTE, met en garde contre une escalade institutionnelle



Docteur Serigne Thiam estime qu’un éventuel nouveau Premier ministre pourrait théoriquement être censuré par une majorité parlementaire acquise  par le parti Pastef/Les Patriotes. Toutefois, il avertit qu’un tel scénario comporterait d’importants risques politiques et institutionnels.

Selon lui, l’opinion publique pourrait percevoir cette situation comme un blocage des institutions, au moment où les Sénégalais attendent surtout des réponses concrètes aux difficultés du pays. Pour Dr Serigne Thiam, chaque acteur devra mesurer les conséquences d’une escalade politique. Il affirme ne pas croire à une crise ouverte entre les institutions, rappelant que « le peuple reste l’arbitre souverain ».

 « De bonne foi, en étant optimiste, je ne pense pas qu'on puisse arriver à ce niveau. Parce que, comme je l'ai dit, il y a le peuple qui est arbitre, qui est souverain, qui observe », a-t-il soutenu dans le journal de 12 heures de la RFM.

Le juriste souligne également qu’un Premier ministre peut choisir d’éviter une confrontation directe avec l’Assemblée nationale en retardant sa déclaration de politique générale jusqu’à une éventuelle dissolution du Parlement par le président de la République. « Il peut y avoir un Premier ministre qui ne va pas dans les trois mois, qui ne va pas dans les six mois devant l'Assemblée nationale et ainsi de suite », a avancé M. Thiam. 

Le membre de l’APTE estime par ailleurs que Ousmane Sonko ne pousserait pas ses députés à utiliser leurs prérogatives pour bloquer systématiquement un choix du chef de l’État.
« Et à ce niveau, je pense que les députés, même si leur comportement est un comportement quelquefois très regrettable à bien des égards mais leur leader Ousmane Sonko, président du parti, ne dira jamais ou ne donnera pas le ton à ses députés d'utiliser ses prérogatives constitutionnelles, institutionnelles, par des prérogatives relevant de leur règlement intérieur pour bloquer le président de la République dans le choix d'un Premier ministre qui serait censuré immédiatement », a-t-il expliqué.

Il rappelle d’ailleurs la période durant laquelle l’actuel leader de PASTEF était resté plusieurs mois sans se présenter devant l’Assemblée nationale, en attendant une majorité parlementaire favorable. 

Toutefois, le juriste rappelle qu’un gouvernement ne peut durablement fonctionner sans interaction avec le Parlement. « Même sans déclaration de politique générale, les projets de loi, l’évaluation des politiques publiques et le contrôle de l’action gouvernementale nécessitent le passage devant l’Assemblée nationale », a-t-il indiqué.

Il avertit enfin qu’un blocage institutionnel prolongé serait « très regrettable » pour le fonctionnement du pays.

Fatime Gueye

Dimanche 24 Mai 2026 15:04


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