​Du vol imaginaire à la cellule : l'affaire des lunettes d'un ministre scandalise le Cameroun



Quatre journalistes ont été remis en liberté le lundi 21 septembre à Yaoundé, au Cameroun, après cinq jours de garde à vue injustifiée. Le 16 septembre, la police les avait arrêtés au Palais des Congrès lors de la clôture d’une cérémonie de la Banque islamique de développement présidée par le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey. Le pouvoir les soupçonnait initialement d'avoir volé les lunettes du ministre.
 
L'affaire a suscité une vive indignation dans la région en révélant la précarité des reporters locaux face aux autorités. Dès le lendemain de l'interpellation, les enquêteurs ont retrouvé les lunettes intactes dans la voiture personnelle du ministre. Les forces de l'ordre ont pourtant maintenu les professionnels en détention sous un nouveau motif d'intrusion non autorisée. La justice a finalement abandonné toutes les charges en constatant l'absence totale d'infraction.
 
« Quatre professionnels de l’information sont brutalement interpellés, transférés au commissariat du 10e arrondissement de Bastos, puis jetés dans les cellules du commissariat central N°1 de Yaoundé », a rapporté le média CamerounWeb.
 
« Le Palais des congrès de Yaoundé est un espace public. La cérémonie de clôture des Journées de la BID était un événement officiel. Des journalistes y étaient présents pour la couvrir », a dénoncé le site d'information Camer.
 
« Une question reste ouverte : combien coûte une paire de lunettes au Cameroun ? Pour ces quatre-là, elle a coûté cinq jours de liberté », a ironisé Camer.
 
« En jetant des reporters en prison pour un soupçon aussi grotesque et sans le moindre mandat, la police ne cherche pas seulement des lunettes : elle aveugle la liberté d’informer », a fustigé CamerounWeb.
 
« Une affaire biscornue aussi rocambolesque qu'hilarante », a résumé le quotidien burkinabè Le Faso.net.
 
« Ce "Lunettesgate" au Cameroun qui a envahi la toile n’en demeure pas moins un indicateur : les journalistes côtoient le pouvoir, mais risquent à tout moment d’être pris à partie », a conclu le journal Aujourd’hui.


Mardi 22 Septembre 2026 10:30


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