​Euro-obligations et Sukuk : Comment le Bénin et la Côte d’Ivoire ont tiré leur épingle du jeu




Le marché régional a particulièrement favorisé un trio de tête composé du Bénin, de la Côte d’Ivoire et du Togo.

Dans l'ensemble de la zone, les rendements des obligations à un an ont baissé en moyenne de 22 points de base par rapport à 2024, selon le dernier rapport du FMI sur les pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UMOA).

Les analystes de l'institution soulignent que « les conditions sur le marché régional restent plus favorables pour certains pays (Bénin, Côte d’Ivoire et Togo) qui affichent un rendement moyen pondéré des obligations d’État à un an de 7,1 % en 2025, contre 9,6 % pour les autres pays ».

Profitant de ce climat, le Bénin a levé 850 millions de dollars sur les marchés internationaux en janvier 2026 (dont 500 millions via un sukuk à 7 ans à 6,9 % et 350 millions par la réouverture d'une euro-obligation à 6,2 %), tandis que la Côte d’Ivoire a mobilisé 1,3 milliard de dollars en février 2026 grâce à une obligation à 15 ans au coupon de 6,75 %.

À l'inverse, la situation du Sénégal s'est avérée nettement plus complexe sur les marchés financiers. Le Fmi indique que « Le Sénégal s’est fortement appuyé sur le marché régional pour répondre à ses besoins de financement, bien qu’en optant pour des échéances raccourcies lors des émissions de 2026, compte tenu de son accès limité au financement extérieur et de ses vulnérabilités en matière d’endettement ».

Pour financer ses opérations de 2025 sur le marché UMOA-Titres, le pays a notamment eu recours à des swaps sur rendement total (SRT), des contrats dérivés complexes exigeant le dépôt d'une garantie en devises.

Sur le marché international des euro-obligations, la trajectoire sénégalaise a également tranché avec celle de ses voisins. Les écarts de rendement de la Côte d’Ivoire et du Bénin se sont d'abord resserrés jusqu'en février 2026 (à 350 et 320 points de base), avant que les tensions géopolitiques de mars 2026 ne les fassent remonter respectivement de 40 et 60 points de base.

Pour le Sénégal, l'écart « a fortement augmenté », « atteignant un niveau record de 1 700 points de base en décembre 2025 (contre 675 points de base en janvier 2025) à la suite d’une nouvelle dégradation de la note par S&P à CCC+ », avant de se stabiliser à 1 400 points de base jusqu'en février 2026, puis de subir une hausse supplémentaire de 230 points de base en mars 2026.

Fodé Bakary Camara

Mardi 3 Novembre 2026 17:40


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