​Journée mondiale de la Poste : une célébration dans l'amertume pour les postiers sénégalais



Ce vendredi 9 octobre, le monde célèbre la Journée mondiale de la Poste. Au Sénégal, la fête a un goût amer. Joint par la RFM, les syndicalistes de La Poste dénoncent une entreprise à l'agonie, entre retrait des paiements des Bourses de Sécurité Familiale, manque de volonté de l'État de la moderniser et un nouveau régime qu'ils accusent d'être sur une logique de « tuer la boîte ». Un chapelet de doléances qui plombe l'ambiance.

El Hadji Diouf, syndicaliste à La Poste, ne cache pas sa déception. « Mais pour dire vrai, c'est une déception. Les postiers sont déçus de ce gouvernement. Nous sommes déçus par ce gouvernement », lâche-t-il.

Pour lui, les acquis sociaux ont volé en éclats : « Nous avons perdu tous nos acquis sociaux. Aujourd'hui, on n'a plus d'avance Tabaski, ni d'avance Korité, ni de treizième mois. Et pourtant, c'est des acquis qui sont consignés dans les accords collectifs d'entreprise, signés par la direction générale et les partenaires sociaux ».

Le gouvernement actuel avait pourtant promis de redresser la boîte, mais selon le syndicaliste, la situation ne fait qu'empirer.

Le syndicaliste rappelle la première phase des départs volontaires exécutée en 2023 avec 90% de départs. « Ils sont partis avec une cagnotte de 30 mois de salaire brut moyen mensuel, une NMT de fin de carrière et une NMT compensatrice de congé. Mais il faut dire aujourd'hui que les travailleurs, quand même, sont découragés parce que, jusqu'à présent, rien n'est fait par rapport à ce qui a été décidé par le gouvernement pour redresser et relancer l'activité de La Poste », déplore El Hadji Diouf.


Au-delà des acquis, c'est l'avenir même de l'entreprise qui inquiète. Pour El Hadji Diouf, il n'y a qu'un seul responsable : l'État. « Depuis l'avènement des nouvelles technologies de l'information et de la communication, l'État n'a rien fait pour aider La Poste à s'adapter, à se moderniser », accuse-t-il.

Il conteste également l'argument du retrait des paiements de masse au profit d'un opérateur disposant d'un wallet. « La Poste a une wallet créatrice, sa propre wallet depuis le mois passé. Donc je pense que l'État manque d'arguments. Ce qu'on voit, c'est comme si l'État a décidé, quand même, de supprimer totalement La Poste » a-t-il conclut.

Les syndicalistes affirment qu'ils ne se laisseront pas faire, le retrait des Bourses de Sécurité Familiale restant une pilule difficile à avaler.

Hapsatou Kane (stagiaire)

Vendredi 9 Octobre 2026 15:39


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