​Les défenseurs de la mer sonnent l’alerte sur la «Sénégalisation» des navires de pêche étrangers



«Nous, défenseurs de la mer, souhaitons attirer l’attention des autorités et de tous les Sénégalais sur l’une des plus grosses arnaques que le secteur de la pêche connait : la « Sénégalisation » des navires de pêche étrangers. En plus de légaliser le pillage de nos ressources par des compagnies de pêche étrangères, ce processus administratif est caractérisé par un flou énorme savamment entretenu par un réseau d’armateurs véreux et de fonctionnaires corrompus», fulmine Alassane BA qui n’est autre que le Secrétaire General des défenseurs de la mer. Dans un communiqué parvenu à Pressafrik.com, ce dernier dénonce : «La «Sénégalisation» des navires est le processus administratif par lequel un navire étranger obtient le pavillon sénégalais et jouit de tous les droits qui s’y attachent. Ainsi, ces navires dits «sénégalais» obtiennent, de facto, le droit de piller nos ressources, tout en jouissant de la protection des autorités. Une protection qui vient d’être légalisé par le tout nouveau code de la pêche maritime voté par l’Assemblée nationale en juin dernier».
 
Forts de ce fait, les défenseurs de la mer insistent sur l’expression « dits sénégalais» car pour eux, «aucun de ces navires ne devrait obtenir le pavillon sénégalais si l’on avait respecté les conditions et procédures de naturalisation telles que définies dans le Code de la Marine Marchande». «La majorité des navires arrivent au Sénégal comme des fantômes sans aucune pièce administrative de leur pays d’origine. Une faille mise en lumière dans le rapport de l’audit de la flotte qui stipule que : «Après examen d’un tiers des dossiers administratifs  de «sénégalisation», l’on a constaté que de nombreux documents n’y figurent pas, ce qui met  en cause la régularité des opérations d’attribution»», ragent-ils.
 
          
Pis, selon Alassane BA et Cie, «ces manquements ne sont rien à côté du flou énorme qui entoure l’établissement des sociétés mixtes qui soumettent les dossiers de leurs navires pour acquérir le pavillon sénégalais. En effet, c’est la Loi n˚2002 du 16 Août 2002 portant Code de la Marine Marchande et son Décret d’application qui fixent les modalités d’acquisition du pavillon sénégalais». «L’Article 90 du Code de la marine marchande stipule que pour obtenir la nationalité sénégalaise tout navire de pêche doit remplir les conditions suivantes » à savoir «soit appartenir pour moitié, au moins, à des nationaux ou ressortissants d’un des  pays membres de la CEDEAO, soit appartenir pour le tout à une société ayant son siège social au Sénégal et dont le contrôle , au sens du droit commun des sociétés, est assuré par des nationaux ou ressortissants d’un des  pays membres de la CEDEAO et avoir satisfait aux formalités d'individualisation », expliquent ces défenseurs de la mer. 

Dié BA

Mardi 10 Novembre 2015 15:13


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