La Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest a imposé l'utilisation obligatoire de la Plateforme interopérable du système de paiement instantané à compter de ce lundi 2 novembre 2026 dans l'espace de l'Union économique et monétaire ouest-africaine. Cette mesure est intervenue le même jour où le plafond des avoirs électroniques a été relevé de deux à quatre millions, provoquant la stupeur et l'incompréhension des usagers confrontés à l'échec de leurs transferts directs entre comptes bancaires et comptes de monnaie électronique comme Orange Money, Flash ou Wave.
Les usagers ont ainsi découvert cette nouvelle disposition sans temps de transition, dénonçant un forcing face aux perturbations de leurs transactions. La PI-SPI, conçue et opérée par la Bceao, permet d'effectuer des transferts instantanés entre différents établissements financiers. Les transferts nationaux entre particuliers dont le montant cumulé ne dépasse pas 8 000 francs CFA par jour, par utilisateur et par prestataire sont devenus gratuits, tandis qu'un taux plafond de 0,8 % pourra être appliqué au-delà de cette limite, la réception demeurant gratuite.
Professeur titulaire de conférences à l'Université Alioune Diop de Bambey, le professeur Diagne a souligné des contraintes liées à l'utilisation de la plateforme. « La couverture demeure encore incomplète, les banques et fintechs avaient jusqu'au 30 septembre 2026 pour ouvrir leurs services, et la microfinance a jusqu'au 30 juin 2027. Ensuite, il y a le coût d'intégration, c'est-à-dire que les établissements doivent adapter leurs systèmes informatiques. De plus, il faut un compte et un minimum de maîtrise du numérique, ce qui exclut encore une partie de la population de l'Uemoa. Enfin, pour les opérateurs tels que Orange money ou Wave, la gratuité entre en concurrence avec leurs revenus de frais de transfert», a-t-il expliqué.
Cette réforme de la Bceao vise à renforcer l'inclusion numérique, la transparence et à réduire la fraude ainsi que l'évasion fiscale. Souleymane Astou Diagne, auteur de l'ouvrage « Le poids du numérique dans l'économie du Sénégal », a indiqué que, selon des données de la Bceao au 30 septembre 2026, 175 participants étaient connectés et plus de 38 millions de personnes avaient accès au service.
« Un autre apport décisif est que, sur le plan des finances publiques, les États peuvent mieux collecter les recettes grâce à la transparence des opérations et à la réduction de la fraude et de l'évasion fiscale. Il y a aussi l'amélioration de l'innovation au sein de l'Uemoa : les fintechs construisent leurs services sur un "rail" commun au lieu de négocier des accords bilatéraux», toujours selon Souleymane Diagne.
«La plateforme bouscule le modèle économique et financier»
L'économiste a également signalé l'existence de risques. « La fraude, un paiement instantané est difficile à rattraper. La cybersécurité, l'ouverture des systèmes expose les données sensibles à des risques inédits. Il y a aussi le risque de défaillance ou de panne de la plateforme centrale qui toucherait toute l'Uemoa. La centralisation des données de paiement pose aussi la question de la protection et de l'usage, par l'État, des données personnelles et de la vie privée des utilisateurs. » Il a ajouté que, « en résumé, selon Pr Souleymane Astou Diagne, la PI-SPI fait du paiement numérique une infrastructure publique, une sorte de "route nationale" des transactions. Son succès dépendra de l'adoption par les commerçants et de la confiance face à la fraude. »
Les opérateurs de mobile money comme Wave, Flash et Orange Money subissent l'impact de cette nouvelle donne. Souleymane Astou Diagne a précisé : « Jusqu'ici, ces plateformes étaient très proches de leurs clients, mais avec le nouveau système d'interopérabilité, cette proximité risque de disparaître, la concurrence va se déplacer. C'est un nouveau modèle économique et financier, et les opérateurs vont devoir s'ajuster par rapport à l'idée de gratuité des transferts au sein de la plateforme. » Il a ajouté que « la plateforme bouscule le modèle économique et financier des opérateurs. Si l'argent circule directement de compte en compte, on retire moins de cash, ce qui va réduire quelque peu les revenus des agents. »
Enfin, l'utilisation de la PI-SPI fait passer le mobile money d'un club fermé à un simple guichet regroupant tous les opérateurs, selon le professeur Diagne. « Ce qui arriveront à tirer leur épingle du jeu et à survivre seront ceux qui vendront autre chose que le transfert d'argent. Et je crois que c'est l'effet recherché, pousser les opérateurs à une diversification de leurs activités. »
Les usagers ont ainsi découvert cette nouvelle disposition sans temps de transition, dénonçant un forcing face aux perturbations de leurs transactions. La PI-SPI, conçue et opérée par la Bceao, permet d'effectuer des transferts instantanés entre différents établissements financiers. Les transferts nationaux entre particuliers dont le montant cumulé ne dépasse pas 8 000 francs CFA par jour, par utilisateur et par prestataire sont devenus gratuits, tandis qu'un taux plafond de 0,8 % pourra être appliqué au-delà de cette limite, la réception demeurant gratuite.
Professeur titulaire de conférences à l'Université Alioune Diop de Bambey, le professeur Diagne a souligné des contraintes liées à l'utilisation de la plateforme. « La couverture demeure encore incomplète, les banques et fintechs avaient jusqu'au 30 septembre 2026 pour ouvrir leurs services, et la microfinance a jusqu'au 30 juin 2027. Ensuite, il y a le coût d'intégration, c'est-à-dire que les établissements doivent adapter leurs systèmes informatiques. De plus, il faut un compte et un minimum de maîtrise du numérique, ce qui exclut encore une partie de la population de l'Uemoa. Enfin, pour les opérateurs tels que Orange money ou Wave, la gratuité entre en concurrence avec leurs revenus de frais de transfert», a-t-il expliqué.
Cette réforme de la Bceao vise à renforcer l'inclusion numérique, la transparence et à réduire la fraude ainsi que l'évasion fiscale. Souleymane Astou Diagne, auteur de l'ouvrage « Le poids du numérique dans l'économie du Sénégal », a indiqué que, selon des données de la Bceao au 30 septembre 2026, 175 participants étaient connectés et plus de 38 millions de personnes avaient accès au service.
« Un autre apport décisif est que, sur le plan des finances publiques, les États peuvent mieux collecter les recettes grâce à la transparence des opérations et à la réduction de la fraude et de l'évasion fiscale. Il y a aussi l'amélioration de l'innovation au sein de l'Uemoa : les fintechs construisent leurs services sur un "rail" commun au lieu de négocier des accords bilatéraux», toujours selon Souleymane Diagne.
«La plateforme bouscule le modèle économique et financier»
L'économiste a également signalé l'existence de risques. « La fraude, un paiement instantané est difficile à rattraper. La cybersécurité, l'ouverture des systèmes expose les données sensibles à des risques inédits. Il y a aussi le risque de défaillance ou de panne de la plateforme centrale qui toucherait toute l'Uemoa. La centralisation des données de paiement pose aussi la question de la protection et de l'usage, par l'État, des données personnelles et de la vie privée des utilisateurs. » Il a ajouté que, « en résumé, selon Pr Souleymane Astou Diagne, la PI-SPI fait du paiement numérique une infrastructure publique, une sorte de "route nationale" des transactions. Son succès dépendra de l'adoption par les commerçants et de la confiance face à la fraude. »
Les opérateurs de mobile money comme Wave, Flash et Orange Money subissent l'impact de cette nouvelle donne. Souleymane Astou Diagne a précisé : « Jusqu'ici, ces plateformes étaient très proches de leurs clients, mais avec le nouveau système d'interopérabilité, cette proximité risque de disparaître, la concurrence va se déplacer. C'est un nouveau modèle économique et financier, et les opérateurs vont devoir s'ajuster par rapport à l'idée de gratuité des transferts au sein de la plateforme. » Il a ajouté que « la plateforme bouscule le modèle économique et financier des opérateurs. Si l'argent circule directement de compte en compte, on retire moins de cash, ce qui va réduire quelque peu les revenus des agents. »
Enfin, l'utilisation de la PI-SPI fait passer le mobile money d'un club fermé à un simple guichet regroupant tous les opérateurs, selon le professeur Diagne. « Ce qui arriveront à tirer leur épingle du jeu et à survivre seront ceux qui vendront autre chose que le transfert d'argent. Et je crois que c'est l'effet recherché, pousser les opérateurs à une diversification de leurs activités. »