​Pêche INN en Afrique de l'Ouest : comment les navires se rendent invisibles sur les radars



Dans une étude publiée dans la revue Applied Geography, les chercheurs mettent en lumière les dérives de la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN)au large de l'Afrique de l'Ouest.

Selon la publication, l'extinction volontaire des systèmes d'identification automatique (AIS) par certains navires commerciaux constitue un comportement stratégique majeur pour échapper aux contrôles.

L'analyse révèle que ce phénomène des « navires sombres » (dark vessels) est particulièrement aigu chez les pêcheurs opérant sous un pavillon de complaisance, une pratique bien connue pour « permettre aux propriétaires de navires d'échapper aux réglementations et aux sanctions ».

L'investigation cartographique menée sur la période 2017-2019 montre une répartition spatiale très ciblée de la criminalité maritime. Les scientifiques soulignent que ces coupures d'émissions ne surviennent pas au hasard : « Les activités sombres sous pavillon de complaisance se concentrent de manière prévisible près des limites des eaux de pêche territoriales ».

Les zones maritimes bordant le Liberia, la Côte d'Ivoire, le Ghana ou la Mauritanie apparaissent comme des secteurs particulièrement exposés où les navires cherchent à tirer profit des ressources tout en minimisant les risques de détection par les patrouilles côtières.

L'étude met également en évidence une forte récidive au sein d'un groupe très restreint d'acteurs. Alors que la majorité de la flotte maintient ses balises actives, une poignée de bâtiments accumule la quasi-totalité des infractions.

D'après les chiffres avancés par la source, « 11 navires sous pavillon de complaisance ont représenté 73 % des voyages sombres », comptabilisant une moyenne de près de six trajets suspects par navire, contre un seul pour les navires sous pavillon classique. Cette disproportion démontre que l'absence de régulation efficace favorise des comportements routiniers chez les armateurs les moins scrupuleux.

Face à des moyens de surveillance souvent limités dans la région, les auteurs préconisent d'abandonner les patrouilles généralistes au profit de stratégies ciblées. Selon les chercheurs, ces schémas spatiaux constituent « des renseignements exploitables pour guider les agences chargées de l'application de la loi ».

Le rapport appelle à la mise en place de technologies de géolocalisation en temps réel, à un renforcement des contrôles dans les ports d’ escale, ainsi qu'à des restrictions sur le marché des assurances maritimes pour paralyser les activités de ces navires récidivistes.

Fodé Bakary Camara

Vendredi 16 Octobre 2026 19:59


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