​Pêche et aquaculture en Afrique : le défi de la sécurité alimentaire à l'horizon 2034



L’Afrique représente aujourd'hui 6 % de la production mondiale totale des pêches et de l'aquaculture, affichant une croissance cumulative de 83 % depuis 2000, selon le rapport sur la situation mondiale des pêches et de l'aquaculture 2026 de la FAO.

Le continent abrite 18 % des navires de pêche mondiaux et possède la deuxième plus grande flotte non-motorisée au monde (soit 42 % des navires non-motorisés mondiaux), tout en employant 9 % des travailleurs mondiaux du secteur primaire.

En matière de sécurité alimentaire, le rapport indique que l'Afrique enregistre « la plus faible disponibilité moyenne par habitant au monde en aliments d'origine aquatique, avec 9,1 kg par habitant en 2023 ». Néanmoins, elle affiche « la deuxième contribution la plus élevée au monde des protéines aquatiques dans l'apport total en protéines animales, soit 19 % », illustrant une forte dépendance continentale envers ces ressources.

À l'horizon 2034, si la disponibilité globale devrait progresser de 18 %, le rapport souligne que « la disponibilité par habitant devrait y diminuer en raison d'une croissance démographique qui surpasse l'augmentation de l'offre ». Pour inverser ces tendances et structurer durablement l'avenir du secteur face aux défis de la sécurité alimentaire, des politiques nationales ambitieuses se mettent en place.

Dans cette perspective, le Sénégal n’est pas en reste.  Le Premier ministre Al Aminou Lô, lors de sa Déclaration de politique général (DPG) avait souligné à travers le « Masterplan 2025-2034 » que « sa mise en œuvre dans la pêche et l'aquaculture devra porter la production halieutique à 563 724 tonnes et la production aquacole à 239 902 tonnes à l'horizon 2034, tout en renforçant la lutte contre la pêche illicite ».

Sur le plan commercial, le document met en lumière un « solde commercial négatif en poids de produits (-1 million de tonnes), mais un solde commercial positif en valeur économique (+2 milliards de USD), accompagné d'un gain net en protéines (+126 000 tonnes) ». L'Afrique « exporte des produits à haute valeur économique et importe des produits qui, bien que de faible valeur économique, sont riches en nutriments ».

 Selon les auteurs, malgré des contraintes persistantes dans les pays à faible revenu, le potentiel de développement aquacole reste crucial pour l'avenir du continent.

Fodé Bakary Camara

Vendredi 11 Septembre 2026 14:10


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