​Pétrole, inflation et dettes : les trois défis du Sénégal pour 2026



Le Sénégal a enregistré une croissance de 6,7 % en 2025, dopée par « une production d'hydrocarbures supérieure aux attentes » au champ de Sangomar. Cette performance a permis une amélioration sensible des comptes publics, le déficit budgétaire reculant à 6,4 % du PIB, selon le rapport « Perspectives économiques régionales dans les régions de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement
(BERD).

 Toutefois, l'institution estime que cette embellie masque une fragilité structurelle persistante : « le ratio dette/PIB est resté élevé, à 120 % à fin 2025 », une situation qui a conduit l'agence Standard & Poor's à dégrader, en mars 2026, la note souveraine du pays à « CCC+/C avec une perspective négative », pointant du doigt les risques de refinancement et l'impasse des négociations avec le FMI.

Pour la période 2026-2027, les perspectives s'assombrissent avec un ralentissement attendu de la croissance à 2,5 %, alors que « l'effet de relance ponctuel » lié au démarrage du champ pétrolier s'estompe.

Selon la BERD, le Senegal doit désormais composer avec des pressions inflationnistes importées, exacerbées par le conflit au Moyen-Orient. Face à une « marge de manœuvre budgétaire limitée », l'État peine à protéger son économie des chocs extérieurs.

D'après  le rapport, l'espoir d'un redressement repose désormais sur la conclusion d'un nouvel accord avec le FMI, qui pourrait, « en cas de succès, améliorer le sentiment du marché et assouplir les conditions de financement ».

Fodé Bakary Camara

Mercredi 10 Juin 2026 14:47


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