​Projet «Un étudiant, Un ordinateur» : pourquoi le parti Pastef demande une enquête ?



Le groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes d'Ousmane Sonko veut faire la lumière sur de présumées irrégularités dans la passation et l’exécution des marchés du programme « Un étudiant, Un ordinateur ». Dans son édition de ce lundi, L'Observateur dit avoir eu accès aux détails de cette affaire.  Au cœur des interrogations : un fonds de garantie d’environ 2 milliards de FCFA déposé à Ecobank sans une nette visibilité sur son origine, sa gestion ou son utilisation, ainsi que l’existence de 13 comptes et sous-comptes bancaires, contre seulement trois mentionnés dans un procès-verbal de passation de service.
 
Dans sa proposition de création d’une commission d’enquête parlementaire, Pastef évoque des engagements cumulés d’environ 48 milliards de FCFA depuis 2017, soit près de six milliards de FCFA par an. Les députés dénoncent notamment des marchés qui auraient été exécutés en dehors du cadre légal de la commande publique, sans appel d’offres, sans contrôle a priori de la Direction centrale des marchés publics (Dcmp), sans inscription au plan de passation des marchés et, pour certains contrats, sans approbation du ministre chargé des Finances.
 
Le dossier fait également état d’un solde de 864,8 millions de FCFA dont l’emploi serait non documenté, dispersé sur les différents comptes du programme. À l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, environ 800 ordinateurs acquis sur fonds publics seraient par ailleurs stockés sans avoir été distribués aux étudiants, certains présentant des dysfonctionnements.
 
Autre point soulevé : lors de l’édition 2023, 1,446 milliard de FCFA aurait été versé à une société intermédiaire qui ne serait pas cocontractante de l’État, alors qu’aucun contrat ou convention correspondant à l’exercice n’aurait été retrouvé. Selon Pastef, cette opération aurait ensuite contribué à une condamnation de l’État à payer une seconde fois près de 1,25 milliard de FCFA.
 
La commission proposée pourrait auditionner les anciens ministres et responsables du ministère de l’Enseignement supérieur, mais aussi ceux du ministère des Finances, de la Dcmp, de l’Arcop, des universités, établissements financiers et autres structures ou personnes impliquées dans le programme depuis 2017.
 
Pastef dans les colonnes du journal L'Observateur, estime aussi que l’ensemble de ces éléments justifient une enquête parlementaire afin d’établir les responsabilités et de déterminer l’utilisation effective des fonds publics engagés dans « Un étudiant, Un ordinateur ».


Lundi 10 Aout 2026 12:02


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