​Protection de l'enfance au Sénégal : les acteurs alertent sur l'absence de sièges de l'AEMO dans les zones reculées



Les acteurs de la protection judiciaire et sociale des enfants et des jeunes de moins de 21 ans ont exprimé leur vive préoccupation face au manque d'infrastructures du service de l'Action éducative en milieu ouvert (AEMO) dans plusieurs zones reculées du Sénégal.

Cette question a été soulevée ce mardi à Kolda à l'ouverture d'un atelier de trois jours initié par le ministère de la Justice pour partager et consolider les référentiels des intervenants de la protection judiciaire et sociale des mineurs.

Réunissant des professionnels venus de différentes régions du pays, la rencontre vise à harmoniser les pratiques et à renforcer la coordination entre les différents acteurs engagés dans la prise en charge des enfants en situation de vulnérabilité ou en conflit avec la loi.

Lors du point de presse qu'elle a animé à cette occasion , Madame Anna Pène Téliko, Directrice adjointe de la Direction générale de la Protection judiciaire et sociale au ministère de la Justice, a salué les progrès réalisés ces dernières années dans l'extension des services de l'AEMO sur le territoire national.

« Nous avons réussi à avoir un maillage du territoire national en termes d'action éducative en milieu ouvert. Depuis 2022, nous sommes passés de 24 à 48 services de l'AEMO, correspondant aux départements du pays », a-t-elle indiqué.

Toutefois, elle a regretté que cette avancée institutionnelle ne soit pas accompagnée d'un développement suffisant des infrastructures.

« Ces créations institutionnelles ne suivent pas la tendance structurelle. La situation n'est pas tellement reluisante », a reconnu Mme Téliko, soulignant les difficultés rencontrées par les services dans plusieurs localités éloignées où les besoins de protection de l'enfance sont particulièrement importants.

Face à cette situation, la responsable a assuré que l'État est engagé dans un processus d'amélioration des conditions de fonctionnement de la justice juvénile. Elle a notamment évoqué le projet de modernisation de la justice juvénile actuellement en cours, qui prévoit la construction et l'équipement de nouvelles structures adaptées.

Parmi les initiatives annoncées figure la réalisation à Kolda d'un centre d'accueil répondant aux normes requises pour la prise en charge des mineurs. Des interventions similaires sont également prévues dans d'autres zones considérées comme prioritaires, notamment à Matam et à Mbacké.

Selon les participants, le renforcement des infrastructures et des moyens d'intervention demeure indispensable pour garantir une protection efficace des enfants et des jeunes confrontés à diverses formes de vulnérabilité. Ils estiment que l'amélioration des conditions de travail des services de l'AEMO constitue un levier essentiel pour assurer une prise en charge de proximité et mieux répondre aux défis de la protection de l'enfance dans les régions les plus éloignées du pays.

Les travaux de l'atelier se poursuivront jusqu'au 11 juin avec des échanges portant sur les mécanismes de protection, les référentiels d'intervention et les perspectives de renforcement du dispositif national de protection judiciaire et sociale des mineurs.

Ismaila Mansaly

Mardi 9 Juin 2026 16:31


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